CG6-11810.md

identifiantCG6-11810.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1806/03/31 00:00
titreNapoléon à Joseph, lieutenant de l’Empereur, commandant en chef l’armée de Naples
texte en markdown<body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG6</i> - 11810. - </b>À Joseph, lieutenant de l’Empereur, commandant en chef l’armée de Naples</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Paris, 31 mars 1806</h2><p>Mon frère, je vous ai envoyé le maréchal Jourdan pour que vous l’employiez comme gouverneur de Naples. </p><p>On vous a fait un monstre de cette place de Gaète. Je ne vois pas que le transport d’une trentaine de pièces de canon avec les boulets et la poudre nécessaire puisse coûter tant d’argent. Je suis fâché de voir que vous ne l’assiégiez pas. Le bombardement vous coûtera plus qu’un siège ; il n’y a rien de si cher qu’un bombardement, lorsqu’il est suivi. Cela vous coûtera beaucoup et peut-être inutilement ; un siège eut été beaucoup plus sûr. </p><p>Je ne saurais que faire en France des galériens que vous m’envoyez. J’ai décidé d’en mettre 500 à Mantoue, 500 à Palmanova et 500 à Alexandrie pour être employés aux travaux de ces places. Il faut aller doucement sur l’organisation des corps napolitains ; il ne faut pas lever plus de deux régiments, autrement vous formeriez une canaille qui ne vous servirait de rien et qui s’enfuirait au premier coup de canon.</p><p>Il y a eu beaucoup d’abus dans les pays conquis en Italie, il n’y en a eu aucun à la Grande Armée. Le général Damas<sup>[^1]</sup> ne pourrait rien faire de passable avec d’aussi mauvaises troupes que les Napolitains.</p><p>On a déjà trouvé quatre millions provenant du maréchal Masséna ; il doit en être recouvré encore deux autres. Je n’aurais pas pu payer vos lettres de change sans cette ressource. </p><p>Les<font color="#ff0000"><font size="5" style="font-size: 18pt"><b> </b></font></font><i>arredamenti</i><sup>[^2]</sup> n’ont rien de sacré, parce que rien n’est sacré après une conquête. Avec ces principes là, vous ne fonderez pas un pays. Mon opinion est que vous gouvernez Naples beaucoup trop mollement ; vous mettriez votre armée en grande aise avec plus de vigueur. </p><p>Il ne faut pas renvoyer tous les régiments italiens, afin de ne pas leur faire faire des voyages inutiles. Je ne pense pas que les affaires soient bien éclaircies ; je préfère que vous renvoyiez en Italie deux ou trois régiments français ; je vous laisse le maître de renvoyer ceux que vous voudrez, mais gardez les Italiens ; ils me serviraient peu dans une grande guerre contre l’Autriche, et ils sont très bons à Naples, parce qu’ils sont fidèles, qu’ils maintiendront la police et qu’ils sont infiniment supérieurs aux Napolitains. Dans tout état de cause, moins vous pourrez garder de troupes françaises à Naples, et mieux cela vaudra. J’en ai besoin partout, et je ne suis pas en peine de les nourrir et de les solder. </p><p>Un corps de douze ou quinze mille hommes est plus que suffisant pour prendre la Sicile. Vous ne m’instruisez pas si vous êtes maître de Reggio et de Tarente. Votre lettre est du 18. Voilà cependant plus d’un mois que vous êtes à Naples ; tout cela va beaucoup trop lentement.<sup>[^3]</sup></p><h3 class="style-titre-4-western" data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Napoléon</h3><p style="margin-bottom: 0cm; line-height: 100%; "> <br/> </p> [^1]: Commandant des troupes bourboniennes. [^2]: Impôts aliénés. [^3]: Expédition, Archives nationales, 400 AP 10.</body>