CG6-11732.md

identifiantCG6-11732.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1806/03/20 00:00
titreNapoléon à Joseph, lieutenant de l’Empereur, commandant en chef l’armée de Naples
texte en markdown<body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG6</i> - 11732. - </b>À Joseph, lieutenant de l’Empereur, commandant en chef l’armée de Naples</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Paris, 20 mars 1806</h2><p>Mon frère, je reçois votre lettre du 7 mars. Je suis tout à fait étonné que vous n’ayez pas fait fusiller les espions du roi de Naples que la mer a rejetés. Que voulez-vous que j’en fasse à Fenestrelle ? Il n’y a que les abbés et les Anglais qu’il faut envoyer à Fenestrelle. Faites condamner à mort les chefs de masses. Votre administration de Naples est trop faible. Il me semble que vous ménagez trop cette populace. Je ne conçois pas comment vous ne faites pas exécuter les lois. Tout espion doit être fusillé ; tout <i>lazzarone</i> qui donne des coups de stylet à un soldat doit être fusillé.</p><p>Les biens des hommes qui ont suivi la Cour doivent être confisqués ; et s’il est vrai, comme les journaux le disent que vous ayez fait arrêter ce misérable Castelcicala<sup>[^1]</sup>, envoyez-le à Fenestrelle sous bonne et sûre garde et confisquez ses bijoux et ses biens.</p><p>Quant au maréchal Masséna, Solignac a dû se rendre près de lui, et j’espère qu’il restituera tout ce qu’il a pris à la caisse de la Grande Armée<sup>[^2]</sup> ; cela se monte à 7 ou 8 millions. Faites une bonne justice de quelques officiers, fût-ce même des officiers généraux.</p><p>Les sept ou huit mille galériens et autres que vous avez ne sont pas dangereux à Naples ; ils le seraient s’ils venaient à s’échapper dans les Abruzzes. Vous attachez trop d’importance à une populace que deux ou trois bataillons et quelques pièces de canon mettront à la raison ; elle ne sera soumise que lorsqu’elle se sera insurgée et que vous aurez fait des exemples sévères.</p><p>Si vous avez trop de cavalerie, envoyez-en dans le royaume d’Italie. Cependant, à vous dire vrai, je ne conçois pas que dans un pays comme Naples, les Abruzzes, Tarente où elle peut s’étendre, elle puisse vous nuire. La rapidité de ses mouvements est très utile dans la campagne.</p><p>J’ai organisé les dépôts de votre armée. Il faut les laisser dans la Romagne et dans le Bolonais et en faire venir des conscrits.</p><p>Vous avez dix fois le monde qu’il vous faut. Il ne faut que six mille hommes pour contenir le royaume de Naples. Montrez de la rigueur et faites des exemples. Je vous le répète : faites fusiller les espions et ne les envoyez pas à Fenestrelle. N’ayant point de preuves, je ne sais que faire de ces misérables.</p><p>Vos lettres ne me disent rien, ne me donnent aucun rapport de la mer. Je ne sais pas s’il y paraît des Anglais, ni le monde qu’ils ont du côté de la Sicile.</p><p>Vos mouvements sont beaucoup trop lents. Vous devriez déjà être maître de la Sicile. Ne craignez rien des Russes, ils ne peuvent vous faire aucun mal. J’espère qu’à l’heure qu’il est, vous êtes maître de Reggio et de toutes les villes du continent. La perte du temps est irréparable à la guerre ; les raisons qu’on allègue sont toujours mauvaises, car les opérations ne manquent que par des retards.</p><p>Votre affectionné frère,<sup> [^3]</sup></p><h3 class="style-titre-4-western" data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Napoléon</h3><p style="margin-bottom: 0cm; line-height: 100%; "> <br/> </p> [^1]: Ancien ambassadeur de Naples à Londres. [^2]: <span></span> Voir notamment n<sup>os</sup> 11586, 11702, 11784… [^3]: Expédition, Archives nationales, 400 AP 10.</body>