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CG6-11663.md| identifiant | CG6-11663.md |
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| fait partie de | correspondance |
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| est validé | oui |
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| date | 1806/03/12 00:00 |
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| titre | Napoléon à Joseph, lieutenant de l’Empereur, commandant en chef l’armée de Naples |
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| texte en markdown | <body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG6</i> - 11663. - </b>À Joseph, lieutenant de l’Empereur, commandant en chef l’armée de Naples</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Paris, 12 mars 1806</h2><p>Mon
frère, je vous ai envoyé 500 000 francs en or de mon royaume
d’Italie : j’ai ordonné qu’on payât vos 500 000
francs de traites. C’est tout ce que je peux faire pour l’armée
de Naples. Mes armées sont très nombreuses ; elles rentrent et
exigent des dépenses immenses. Ma marine exige aussi de très fortes
dépenses. Il m’est impossible de suffire à de nouveaux frais.
Jusqu’à cette heure, vous administrez trop mollement le royaume de
Naples. Ce n’est pas la manière de conduire ces peuples.</p><p>Je
ne vous ai envoyé dans l’ordre civil que quelques auditeurs,
jeunes gens qui apprendront bien vite l’italien et qui sont probes.
</p><p>Il
est de toute impossibilité que je vous envoie quinze cent mille
francs par mois pour le service de l’armée de Naples. Mettez une
imposition de guerre de trente millions sur le royaume de Naples. Il
est extraordinaire qu’il ne rende pas le tiers de ce que rend le
royaume d’Italie. Vous montrez trop de douceur ; il est
nécessaire de ne pas commencer votre administration mollement.
Toutefois arrangez-vous pour vous suffire. Prenez les biens de tous
ceux qui ont suivi la Cour.
</p><p>Vous
trouverez ci-joint copie d’un décret pour faire rentrer dans la
caisse du payeur les sommes qui ont été détournées. Masséna et
Solignac ont détourné six millions. Il faut qu’ils rendent
jusqu’au dernier sol.<sup>[^1]</sup></p><p>Vos
2 400 000 francs <i>de lettres de change seront payés.
Envoyez m’en le bordereau </i>parce que je suis assuré d’un
fonds de 2 700 000 francs qui a été retrouvé.</p><p>Faites
donner à Masséna le conseil de rendre les six millions qu’il a
pris. S’il les rend vite, c’est le seul moyen de le sauver car
s’il ne les rend pas, je nommerai une commission militaire qui
siègera à Padoue pour faire des enquêtes, car enfin, c’est un
trop grand brigandage. Souffrir que le soldat meure de faim, soit
sans solde et prétendre qu’on a reçu en don des provinces des
sommes qui lui étaient destinées, c’est par trop impudent. Il n’y
a plus moyen de faire la guerre. Faites surveiller Saint-Cyr, le
détail de leur dilapidation est inouï ; c’est par les
Autrichiens que je l’apprends et ils en ont rougi eux-mêmes. Ils
ont laissé passer des farines pour Venise. Le mal va trop loin ;
le remède, je l’y porterai. Je donne ordre d’arrêter Ardant
<i>c’est un agent de Solignac</i> qui doit être à Paris ou à
Milan. S’il était à Naples, faites-le arrêter, et envoyez-le
sous bonne et sûre escorte à Paris.</p><p>Vous
aurez vu que Flachat<sup>[^2]</sup>
a été condamné à un an de fers et que ses transactions ont été
annulées.</p><p><i>Je
vous salue</i>.<sup> [^3]</sup></p><h3 class="style-titre-4-western" data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Napoléon</h3><p style="margin-bottom: 0cm; line-height: 100%; ">
<br/>
</p>
[^1]: <span></span> Voir notament n<sup>os</sup> 11586, 11702, 11732.
[^2]: <span></span> Flachat et Charpentier ont été condamnés le 3 mars pour une escroquerie commise en 1803 en Belgique, lors de la succession du duc de Looz. Sur cette affaire, voir le volume V de la <i>Correspondance générale</i> : 9513.
[^3]: Expédition, Archives nationales, 400 AP 10.</body> |
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