CG6-11450.md

identifiantCG6-11450.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1806/02/14 00:00
titreNapoléon au cardinal Fesch, ambassadeur près le Saint-Siège
texte en markdown<body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG6</i> - 11450. - </b>Au cardinal Fesch, ambassadeur près le Saint-Siège</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Paris, 14 février 1806<sup>[^1]</sup></h2><p>Mon cousin, je suis peu content de votre conduite. Vous ne montrez aucune fermeté pour mon service. Vous voudrez bien requérir l’expulsion des États du Pape de tous les Russes, Anglais et Suédois, et de toutes les personnes attachées à la cour de Sardaigne. Il est fort ridicule que le Pape ait voulu maintenir M. Jackson<sup>[^2]</sup> à Rome ; s’il y est encore, requérez-en l’arrestation<sup>[^3]</sup> . Aucun bâtiment anglais, russe ou suédois, ne doit entrer dans les ports de l’<span style="text-transform: uppercase">é</span>tat romain ; sans quoi je les ferai confisquer. Je n’entends plus que la cour de Rome se mêle de politique. Je protégerai ses États contre tout le monde, mais il est inutile qu’elle ait tant de ménagements pour les ennemis de la religion. Qu’elle fasse expédier les bulles pour mes évêques. Elle met un mois à faire un travail de vingt-quatre heures ; elle laisse périr la religion en Allemagne. Ce n’est qu’un cri<sup>[^4]</sup> ; sa conduite est révoltante et cette partie si importante de la chrétienté est dans l’anarchie. Je donne ordre au prince Joseph de vous prêter main-forte. Je vous rends responsable de l’exécution de ces deux points :</p><p>1° l’expulsion des Russes, Anglais, Suédois et Sardes de Rome et de l’<span style="text-transform: uppercase">é</span>tat romain ;</p><p>2° l’interdiction des ports aux bâtiments anglais, russes et suédois.</p><p>Dites que j’ai les yeux ouverts ; que je ne suis trompé qu’autant que je le veux bien ; que je suis Charlemagne, l’épée de l’Église et leur empereur ; que je dois être traité de même ; qu’ils ne doivent pas savoir s’il y a un empire de Russie. Je fais connaître au Pape mes intentions en peu de mots. S’il n’y répond pas, je le réduirais à la même condition que ses prédécesseurs avant Charlemagne.<sup>[^5]</sup></p><h3 class="style-titre-4-western" data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Napoléon</h3><p><br/> </p> [^1]: <span></span> Les minutes (Archives nationales, AF IV 868, février 1806, n° 55 et 55 bis) ainsi que la <i>Correspondance</i> (n° 806) sont datées du 13 février. [^2]: Ambassadeur d’Angleterre auprès du roi de Sardaigne. [^3]: La minute porte en plus : «c’est un agent des Russes ». [^4]: Le Saint Siège retarde l’adoption du Concordat allemand, rendu nécessaire par les transformations de 1803. [^5]: Expédition, Archives nationales, 400 AP 1.</body>