| identifiant | CG1-0154.md |
|---|---|
| fait partie de | correspondance |
| est validé | oui |
| date | 1794/02/28 00:00 |
| titre | Napoléon au Comité de salut public |
| texte en markdown | <body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG1</i> - 154. - </b>Au Comité de salut public</h1><p style="text-align: center; margin-top: 0cm"><br/> </p><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Héraclée[^1], 10 ventôse an II [28 février 1794]</h2><p>Je m’occupe depuis la prise de Port-la-Montagne à mettre nos côtes sur un état de défense respectable.</p><p>J’ai visité celles comprises depuis les bouches du Rhône jusqu’à Héraclée : on travaille partout à perfectionner les anciennes batteries et à en construire de nouvelles dans plusieurs endroits où je l’ai jugé indispensable.</p><p>L’on travaille à la fois à un grand nombre de fours à réverbère.</p><p>Le golfe d’Héraclée est bloqué par une escadre ennemie qui intercepte nos convois[^2]; ils ont déjà pris quelques bâtiments chargés de vivres. Deux batteries que je vais faire établir, l’une au cap mauvais et l’autre au cap Taillat[^3], protégeront désormais ces convois : dès que ces deux batteries seront en état, j’espère que la communication de Nice à Marseille sera libre et pourra s’opérer à la vue même des escadres ennemies.</p><p>Indépendamment de l’objet important de favoriser nos convois, j’ai pensé devoir faire renforcer les batteries de cette rade, afin qu’elles puissent, en cas de besoin, protéger notre escadre. Tout ce côté-ci est faible et a besoin d’un grand nombre de pièces.</p><p>La rade d’Hyères a, sous ce point de vue, particulièrement attiré mon attention; l’on y établit dans ce moment-ci les batteries des Républicains et de la Convention, chacune composée de quatre pièces de 36, deux de 18, et deux mortiers à plaque.</p><p>Ces deux batteries, situées l’une dans l’île de Porquerolles et l’autre dans l’île Port-Cros, sont indépendantes du reste de l’armement des forts de ces deux îles; je fais établir à Brégançon, à bons et à Giens, des pièces de 36 ; de sorte qu’avant peu de temps l’immense rade d’Hyères sera aussi bien défendue qu’il est possible et pourra offrir un refuge à notre escadre, quelle que soit la force de nos ennemis.</p><p>Je pars aujourd’hui pour achever l’inspection de la côte jusqu’à Menton. Dès que je l’aurai achevée, je vous enverrai un tableau général où vous verrez le but de chaque batterie, la situation où elle se trouvait, les changements qu’on a opérés, l’état de l’approvisionnement, l’état du personnel des canonniers qui les servent.</p><p>J’ai cru, en attendant, vous devoir ces détails, parce qu’il m’est revenu que vous avez des inquiétudes sur la situation de cette côte.[^4]</p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal"><i>Buonaparte</i></h3> [^1]: Saint-Tropez est rebaptisé Héraclée à l’instigation de Barras en référence au nom de la colonie romaine installée là dans l’Antiquité. [^2]: Après la chute de Toulon, l’escadre anglaise basée en Corse ne cesse de croiser en vue des côtes de France et de canonner les convois de blé venant du Levant ou d’Afrique du nord empêchant les ravitaillements de partir pour l’armée d’Italie. [^3]: Ces deux Cap ferment la baie de Cavalaire le premier à l’est, le second à l’ouest. [^4]: Expédition, S.H.D., Guerre, 17 C 99, fol. 17.</body> |