| identifiant | CG6-11280.md |
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| fait partie de | correspondance |
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| est validé | oui |
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| date | 1806/01/12 00:00 |
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| titre | Napoléon au Sénat conservateur |
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| texte en markdown | <body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG6</i> - 11280. - </b>Au Sénat conservateur</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Munich, 12 janvier 1806</h2><p>Sénateurs,
le sénatus-consulte organique du 28 floréal an XII a pourvu à tout
ce qui était relatif à l’hérédité de la couronne impériale en
France.</p><p>Le
premier statut constitutionnel de notre royaume d’Italie, en date
du 19 mars 1805, a fixé l’hérédité de cette couronne dans notre
descendance directe et légitime, soit naturelle, soit adoptive.</p><p>Les
dangers que nous avons courus au milieu de la guerre et que se sont
encore exagérés nos peuples d’Italie, ceux que nous pouvons
courir en combattant les ennemis qui restent encore à la France,
leur font concevoir de vives inquiétudes. Ils ne jouissent pas de la
sécurité que leur offrent la modération et la libéralité de nos
lois, parce que leur avenir est encore incertain.</p><p>Nous
avons considéré comme un de nos premiers devoirs de faire cesser
ces inquiétudes.</p><p>Nous
nous sommes, en conséquence, déterminé à adopter comme notre fils
le prince Eugène, archichancelier d’État de notre Empire et
vice-roi de notre royaume d’Italie. Nous l’avons appelé, après
nous et nos enfants naturels et légitimes, au trône d’Italie ; et
nous avons statué qu’à défaut, soit de notre descendance
directe, légitime et naturelle, soit de la descendance du prince
Eugène notre fils, la couronne d’Italie sera dévolue au fils ou
au parent le plus proche de celui des princes de notre sang qui, le
cas arrivant, se trouvera alors régner en France.</p><p>Nous
avons jugé de notre dignité que le prince Eugène jouisse de tous
les honneurs attachés à notre adoption, quoiqu’elle ne lui donne
des droits que sur la couronne d’Italie : entendant que, dans aucun
cas, ni dans aucune circonstance, notre adoption ne puisse autoriser,
ni lui, ni ses descendants, à élever des prétentions sur la
couronne de France, dont la succession est irrévocablement réglée
par les constitutions de l’Empire. L’histoire de tous les siècles
nous apprend que l’uniformité des lois nuit essentiellement à la
force et à la bonne organisation des empires, lorsqu’elle s’étend
Au-delà de ce que permettent, soit les moeurs des nations, soit les
considérations géographiques.</p><p>Nous
nous réservons, d’ailleurs, de faire connaître par des
dispositions ultérieures les liaisons que nous entendons qui
existent après nous entre tous les États fédératifs de l’Empire
français. Les différentes parties indépendantes entre elles, ayant
un intérêt commun, doivent avoir un lien commun.
</p><p>Nos
peuples d’Italie accueilleront avec des transports de joie les
nouveaux témoignages de notre sollicitude. Ils verront un garant de
la félicité dont ils jouissent dans la permanence du gouvernement
de ce jeune prince, qui, dans des circonstances si orageuses, et
surtout dans ces premiers moments si difficiles pour les hommes même
expérimentés, a su gouverner par l’amour et faire chérir nos
lois.</p><p>Il
nous a offert un spectacle dont tous les instants nous ont vivement
intéressé. Nous l’avons vu mettre en pratique, dans des
circonstances nouvelles, les principes que nous nous étions étudié
à inculquer dans son esprit et dans son cœur pendant tout le temps
où il a été sous nos yeux. Lorsqu’il s’agira de défendre nos
peuples d’Italie, il se montrera également digne d’imiter et de
renouveler ce que nous pouvons avoir fait de bien dans l’art si
difficile des batailles.</p><p>Au
moment même où nous avons ordonné que notre quatrième statut
constitutionnel fût communiqué aux trois collèges d’Italie, il
nous a paru indispensable de ne pas différer un instant à vous
instruire de dispositions qui assoient la prospérité et la durée
de l’Empire sur l’amour et l’intérêt de toutes les nations
qui le composent. Nous avons aussi été persuadé que tout ce qui
est pour nous un sujet de bonheur et de joie ne saurait être
indifférent ni à vous, ni à mon peuple.<sup>[^1]</sup></p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Bonaparte</h3>
[^1]: <span></span><i>Correspondance de Napoléon I</i><sup><i>er</i></sup><i> publiée
par ordre de l’Empereur Napoléon III</i>, n° 9663, d’après les Archives de l’Empire.</body> |
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