| identifiant | CG6-11279.md |
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| fait partie de | correspondance |
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| est validé | oui |
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| date | 1806/01/12 00:00 |
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| titre | Napoléon à Joseph, lieutenant de l’Empereur, commandant en chef l’armée de Naples |
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| texte en markdown | <body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG6</i> - 11279. - </b>À Joseph, lieutenant de l’Empereur, commandant en chef l’armée de Naples</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Munich, 12 janvier 1806</h2><p>Mon
frère, je reçois votre lettre du 7. Vous êtes parti le 9 ;
vous devez être aujourd’hui à Chambéry, vous serez le 15 ou le
16 dans le voisinage de Rome.
</p><p>Je
vous ai envoyé le général Dumas<sup>[^1]</sup> ;
le maréchal Masséna doit se trouver à l’armée.
</p><p>Je
compte qu’après quelques jours de repos, vous aurez près de 40
mille hommes que vous pourrez partager en trois corps : le
maréchal Masséna aura le plus fort, le général Saint-Cyr<sup>[^2]</sup>
un autre et le général Reynier le plus petit formant une division
de six mille hommes de bonnes troupes en réserve. Attachez-vous au
général Reynier, il est froid, mais c’est des trois le plus
capable de faire un bon plan de campagne et de vous donner un bon
conseil. Dans votre position, l’art consiste à faire croire à
chacun des trois qu’il a également votre confiance.
</p><p>Cette
lettre vous sera portée par mon aide de camp Lebrun<sup>[^3]</sup>,
que vous pouvez garder près de vous.
</p><p>Vous
pouvez employer le général Dumas dans votre état-major ; il
entend peu de chose aux manœuvres militaires, il n’a pas assez
fait la guerre.
</p><p>Votre
grande étude est de tenir toutes vos forces réunies et d’arriver
le plus promptement possible à Naples avec tout votre monde. Une
armée composée d’hommes de différentes nations ne tardera pas à
faire des sottises<sup>[^4]</sup>,
l’art serait de les attendre et d’en profiter, mais il n’y a là
personne capable de vous diriger dans cette manœuvre. Vous n’êtes
point pressé à huit jours de plus ou de moins.
</p><p>Indépendamment
des trois corps dont je vous ai parlé ci-dessus, tenez un gros corps
de cavalerie<sup>[^5]</sup>
sous votre main avec de l’artillerie légère pour pouvoir le
diriger où il sera convenable. Mais il me paraît difficile que les
Russes et les Anglais ne se retirent pas à mesure qu’ils verront
votre armée s’organiser et devenir forte. Si au contraire, ce que
je ne pense pas, l’ennemi se renforçait d’une manière
considérable, au premier mot que vous m’en écririez, je me
rendrais promptement à votre armée.</p><p>Parlez
sincèrement à Masséna et à Saint-Cyr, et dites que vous ne voulez
point de voleries ; Masséna a beaucoup volé dans le pays
vénitien. J’ai fait appeler à Paris Solignac<sup>[^6]</sup>
pour cette raison ; c’est un mauvais sujet. Maintenez
là-dessus une sévère discipline.
</p><p>Prenez
six aides de camp.</p><p>Ne
tenez point de conseil de guerre, mais prenez l’avis de chacun en
particulier ; écrivez-moi souvent et longuement afin que je
vous fasse passer mon avis, autant que cela sera possible.
</p><p>Quand
vous serez entré dans le royaume de Naples après la première
bataille, faites connaître aux Napolitains dans votre proclamation
tout ce que j’ai fait pour éloigner la guerre de chez eux, et tout
ce qu’a fait la Reine<sup>[^7]</sup>
pour l’attirer. Peu, très peu de parlementaires.</p><p>Le
prince Eugène qui commande dans le royaume d’Italie tiendra une
réserve pour pourvoir, si cela était nécessaire, aux événements
imprévus.
</p><p>Vous
devez établir votre ligne de communication, c’est-à-dire, votre
route de poste, d’étapes, enfin, ce qui forme une ligne de
communication par la Toscane et point du tout par Ancône et les
Abruzzes, parce que mon désir est que vous agissiez par Rome sur
Naples. Autrement la guerre traînerait en longueur, si vous étiez
obligé de conquérir les Abruzzes, et l’ennemi aurait le temps de
défendre Naples. Mais encore une fois, quinze jours ne font rien.
Réunissez bien tout votre monde.
</p><p>Je
donne ordre au général Mathieu<sup>[^8]</sup>
qui connaît le pays et en qui vous avez de la confiance de se rendre
auprès de vous.<sup> </sup>
</p><p>Envoyez-moi,
je vous prie, tous les jours votre état de situation.<sup>[^9]</sup></p><h3 class="style-titre-4-western" data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Napolé</h3><p><br/>
</p><p><br/>
</p>
[^1]: Le général de division Mathieu Dumas (voir ci-dessus).
[^2]: Gouvion-Saint-Cyr, qui commandait l’armée de Naples depuis quelques semaines, est ainsi rétrogradé, et subordonné de fait à Masséna.
[^3]: Fils de l’architrésorier.
[^4]: Outre les Napolitains, il y a des Anglais et des Russes dans l’armée adverse.
[^5]: <span></span> Rayé : <i>légère</i>.
[^6]: Commandant une brigade de l’armée d’Italie, il est accusé de malversations en Vénétie.
[^7]: Marie-Caroline.
[^8]: Il a commandé une division à l’armée de Naples en 1801.
[^9]: Expédition, Archives nationales, 400 AP 10.</body> |
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