CG1-0127.md

identifiantCG1-0127.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1793/12/24 00:00
titreNapoléon à Dupin, adjoint au ministre de la Guerre
texte en markdown<body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG1</i> - 127. - </b>À Dupin, adjoint au ministre de la Guerre</h1><p style="margin-top: 0cm"><br/> </p><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Ollioules, 4 nivôse an II [24 décembre 1793]</h2><p><br/> </p><p>Je t’avais annoncé de brillants succès, et tu vois que je te tiens parole. Excédé de fatigue et d’occupation, je n’ai pas pu t’en instruire le premier ; il me suffira de te dire que les Anglais n’ont enlevé aucune de nos pièces, que nous avons trouvé dans Toulon la même artillerie qui y était avant leur entrée. Il est vrai qu’ils l’ont enclouée ; mais à l’heure que je t’écris, plus de la moitié ne l’est plus. Ils n’ont que perfectionné et augmenté les fortifications de la place : ainsi Toulon est plus dans le cas de se défendre aujourd’hui que jamais.</p><p>Les ennemis ont mis dans leur retraite une précipitation inouïe. Une grande partie de leurs tentes, de leur bagage, est tombée en notre pouvoir. Ils ne se sont pas donnés le temps de bien mettre le feu aux vaisseaux, puisqu’il nous en reste encore quinze. Ils n’ont pas brûlé nos magasins de bois ni la corderie. J’ai visité l’arsenal de mer, et je puis t’assurer que le mal qu’ils nous ont fait est très réparable.</p><p>Si le vent les eût obligés à tarder quatre heures, ils étaient perdus. Une frégate qui était plus mauvaise voilière, ayant un peu tardé à sortir, s’est trouvée à portée du canon au moment où nos batteries de l’Éguillette ont été finies ; nous l’avons chauffée à boulets rouges, et, à la grande satisfaction de tous les républicains, et à la vue de toute l’escadre, nous l’avons brûlée.</p><p>Il y a dans ce moment-ci à Balaguier 15 pièces de canon en batterie, avec une bonne forge à boulets rouges.</p><p>Il y a 10 pièces à l’Éguillette et 12 pièces à la Grosse Tour, avec un train à boulets rouges pour chacun de ces trois endroits. Trois bricks de 18 canons espagnols sont tout bonnement, la nuit passée, entrés dans la petite rade ; l’ordre est donné de laisser entrer qui veut, mais non pas d’en laisser sortir ; nous les avons pris tous les trois, à leur grand étonnement. Nous attendons ce soir un vaisseau de guerre espagnol ; s’il ne rencontre pas quelque aviso, il viendra aussi se prendre dans la cage.</p><p>Je m’occupe à faire construire des fours à réverbère ; on travaille à en construire un à la Grosse Tour ; j’en ferai construire un autre à Balaguier : il en existe déjà à Marseille.</p><p>J’ai fait retourner à Briançon et Mont-Lyon[^1] les pièces de canon que ces places nous avaient fournies.</p><p>Nous n’avons trouvé à Toulon que quarante milliers de poudre.[^2]</p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal"><i>Buonaparte</i></h3> [^1]: Mont-Dauphin. [^2]: Expédition, S.H.D., Guerre 17 C 99, fol. 14.</body>