| identifiant | CG1-0113.md |
|---|---|
| fait partie de | correspondance |
| est validé | oui |
| date | 1793/11/30 00:00 |
| titre | Napoléon à Dupin, adjoint au ministre de la Guerre |
| texte en markdown | <body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG1</i> - 113. - </b>À Dupin, adjoint au ministre de la Guerre</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Ollioules, 10 frimaire an II [30 novembre 1793]</h2><p style="margin-top: 0cm">La matinée a été trop belle pour que je ne t’instruise pas des événements qui ont eu lieu.</p><p style="margin-top: 0cm">La batterie de la Convention, située sur la hauteur des Arènes, bat Malbousquet par la droite, dans le temps que la batterie de la Poudrière le bat par la gauche.</p><p style="margin-top: 0cm">Le 9, la batterie de la Convention a commencé à tirer contre Malbousquet et lui a démonté trois pièces et tué beaucoup de canonniers.</p><p style="margin-top: 0cm">La hauteur des Arènes n’est pas à mille toises de Toulon. L’épouvante s’y est mise, et le 10, à cinq heures du matin, les ennemis se sont présentés au nombre de six mille hommes, commandés par le général anglais O’Hara[^1], gouverneur de Toulon, ont culbuté nos avant-postes et sont arrivés à la batterie. Ils ont encloué les six pièces de 24 qui y sont. Dans ce moment-là, nous y sommes arrivés en force. Le général Dugommier s’est battu avec un courage vraiment républicain. Nous avons repris la batterie et fait prisonnier le général anglais[^2], qui a été blessé au bras ; nous avons poursuivi les ennemis la baïonnette dans les reins ; nous leur avons tué 4 à 500 hommes ; nous leur avons fait un grand nombre de prisonniers, parmi lesquels un colonel espagnol, un major anglais et un grand nombre d’officiers subalternes. Les canons de la Convention ont été sur-le-champ désencloués et assez à temps pour accroître la confusion de leur retraite.</p><p style="margin-top: 0cm">Nos soldats, que l’indignation transportait, se sont portés sur-le-champ sur Malbousquet : nous les avons chassés de deux hauteurs contiguës ; nous leur avons détruit un ouvrage qu’ils commençaient à faire : nous leur avons enlevé un grand nombre de tentes ; nous avons déchiré ce que nous n’avons pas pu emporter. Il y avait sept heures que le combat durait ; l’escadre fit un mouvement pour s’avancer vers la poudrière ; la batterie de la petite rade, qui n’avait pas encore tiré, les obligea à se tenir à une distance raisonnable.</p><p style="margin-top: 0cm">Rien n’égale le courage qu’ont montré nos soldats dans cette journée. C’est un heureux présage pour l’exécution du plan qui a été arrêté.[^3]</p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal"><i>Buonaparte</i></h3><p style=""><br/> </p> [^1]: Charles O’Hara (1740-1802), lieutenant-général anglais, gouverneur de Toulon lors du siège, capturé en novembre 1793. [^2]: <span></span>O’Hara a été capturé par deux volontaires de l’Isère et deux soldats du 59<sup>e</sup>régiment d’infanterie. [^3]: Expédition, S.H.D., Guerre, 17 C 99, fol. 5.</body> |