CG1-0105.md

identifiantCG1-0105.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1793/10/25 00:00
titreNapoléon au comité de Salut public
texte en markdown<body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG1</i> - 105. - </b>Au comité de Salut public</h1><p style="margin-top: 0cm"><br/> </p><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">[Ollioules], 4 brumaire an II [25 octobre 1793]</h2><p>La seconde position[^1] est entre les Quatre-Moulins et les Sablettes, à deux cents toises plus près du camp anglais, sur un mamelon, un peu plus bas que la redoute anglaise ; l’on pourra y placer trois pièces de 16 qui nous restent.</p><p>Du moment que nous serons maîtres de l’Éguillette et du cap Sepet, nous y établirons des batteries qui obligeront l’ennemi à évacuer les deux rades, et nous dirigerons nos attaques sur la redoute et le front de Toulon le plus près de l’arsenal, qui est en même temps le plus faible.</p><p>Mais, pour cela, il faut un équipage de siège considérable ; c’est l’artillerie qui prend les places, et l’infanterie ne fait qu’aider ; et c’est avec une extrême douleur, que je vois le peu de sollicitude que l’on met à cet article essentiel : les trois quarts des hommes ne s’occupent des choses nécessaires que lorsqu’ils en sentent le besoin ; mais justement alors il n’est plus temps.</p><p>Il n’y a personne à la tête de l’arsenal de Marseille ; il faut de grandes connaissances pour occuper cette place. Il est de fait dans l’artillerie que l’opération la plus difficile est la formation d’un équipage de siège.</p><p>La partie de l’artillerie n’était point organisée quand je suis arrivé dans cette armée ; grâce aux arrêtés que vous avez pris dans plusieurs circonstances, elle commence à marcher. J’ai dû lutter contre l’ignorance et les basses passions qu’elle engendre. Vous devez achever de donner à l’artillerie, dans cette armée, cette considération et cette indépendance que les lois militaires et l’usage de tous les temps lui ont accordées, et sans lesquelles elle ne peut servir utilement.</p><p>La première mesure que je vous proposerai sera de faire venir à l’armée, pour commander l’artillerie, un général de l’artillerie[^2] qui puisse, même par son grade, contribuer à la considération et imposer à un tas d’ignorants de l’état-major, avec lesquels il faut toujours capituler et dogmatiser pour détruire leurs préjugés et mettre à exécution ce que la théorie, l’expérience ont démontré comme des axiomes à tout officier éclairé du corps.[^3]</p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Buonaparte</h3><p style="text-align: left; margin-top: 0.18cm; margin-bottom: 0.18cm"><br/> <br/> </p> [^1]: Les Deux Moulins, en arrière de la batterie des Hommes sans peur. [^2]: Un général a été nommé par Bouchotte, le 24 septembre. En raison d’erreurs de courriers, il n’arrivera qu’en novembre, soit après la prise de Toulon. [^3]: Copie d’expédition, S.H.D., Guerre, 17 C 2.</body>