| identifiant | CG1-0102.md |
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| fait partie de | correspondance |
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| est validé | oui |
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| date | 1793/10/22 00:00 |
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| titre | Napoléon aux Représentants du peuple |
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| texte en markdown | <body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG1</i> - 102. - </b>Aux Représentants du peuple[^1]</h1><p style="margin-top: 0cm"><br/>
</p><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Ollioules, 22 octobre 1793</h2>
<p style="margin-top: 0cm">Représentants, un des
objets qui doit nous donner le plus de sollicitude dans ce moment ci,
c’est la poudre. Il nous en faut pour le siège de Toulon 1 500
milliers, et nous n’avons à Marseille que 112 milliers; nous avons
donc besoin de plus de 1 300 milliers de poudre. Je connais le
dénuement total où se trouve la République de cette matière
première. Cependant, il n’y a pas moyen d’entreprendre le siège
de Toulon et de commencer la première batterie, sans avoir au moins
600 milliers de poudre devant soi, et encore, dans cette position-là,
il faudra qu’on s’en tienne à la stricte nécessité et que l’on
ne divague pas avec les projets de bombardements qui consument une
quantité infinie de poudre sans produire aucun effet. Eussions-nous
tous l’équipage de siège complet, toutes les pièces de canons
nécessaires, tant que nous ne nous serons pas procuré plus de
poudre, il nous sera impossible de commencer nos opérations devant
Toulon. La manufacture de Saint Thomas ne nous peut être que d’une
petite ressource, mais encore faut-il en profiter ; il faut donc
défendre aux inspecteurs des poudres de Saint Thomas de livrer
aucune poudre que pour l’armée qui assiège Toulon. L’on jette
les cartouches dans les armées de la République, mais
particulièrement dans la nôtre ; vous seriez effrayés, si je vous
faisais le calcul, des cartouches que l’on a consumées en peu de
jours. En allant à la découverte, j’ai trouvé beaucoup de
parsemées[^2].
Il ne va plus être possible d’y suffire du moment que les pluies
commenceront, les soldats n’ayant pas de gibernes. L’objet des
cartouches, citoyens Représentants, a attirés ma sollicitude du
moment que je suis arrivé à l’armée, mais l’on ne peut pas
lutter seul contre tous et sur tous les objets. L’armée ne tardera
pas à être composée de 30 000 hommes, en comptant les deux
divisions; à compter 200 cartouches par hommes, cela n’est pas
trop, et cela fait cependant 150 milliers de poudre, c’est à dire
38 milliers de plus que nous en possédons, et, si l’on continue à
gaspiller les cartouches et à ne pas vouloir suivre les règles
prescrites par la loi, à crier plus fort que les soldats du moment
que l’on retardera la livraison ou qu’on la refusera, parce que
les différents corps ne seront pas en règle, si j’ai à la fois à
combattre les officiers, les commandants des ailes et encore le grand
état-major de l’armée, si tous ceux qui sont d’un grade
supérieur peuvent me dire : « je veux », concevez qu’il
faudra 400 cartouches par tête, c’est à dire 180 milliers de
poudre de plus que nous n’en avons. Vous voyez d’après ceci,
citoyens Représentants, les sollicitudes que vous devez vous donner
pour organiser cette armée et pour maintenir toutes les armes dans
leurs fonctions. Je le soutiendrai toujours : si la loi n’avait pas
accordé à l’artillerie cette responsabilité séparée, si elle
ne lui avait pas donné une existence directe d’elle au pouvoir
exécutif, il faudrait la lui donner pour le bien du siège de
Toulon. On ne fait pas un pas dans la carrière militaire qu’on ne
sente la sagesse de la loi et le nécessité de s’y conformer avec
scrupule. Je pense que vous devez envoyer un courrier extraordinaire
à Lyon et à Paris pour que l’on nous procure le plus de poudre
qu’il est possible. Je vous le répète, l’on ne peut pas
commencer la première batterie devant Toulon, qu’il n’y ait 600
milliers de poudre et l’espérance d’en avoir de plus.[^3]</p><p style="margin-top: 0cm"><br/>
</p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Le commandant de l’artillerie de l'armée du Midi</h3><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal"><i>Buonaparte</i></h3><p style="margin-top: 0cm"><br/>
</p>
[^1]: Saliceti et Gasparin transmettent cette lettre au Comité de salut
public, le 23 octobre.
[^2]: Biffé : jetées.
[^3]: <span></span>Expédition, collection privée (François Alphonse Aulard, <i>Recueil
des actes du Comité de salut public</i>, 1894, t. VII, p. 596).</body> |
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