CG1-0068.md

identifiantCG1-0068.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1792/08/07 00:00
titreNapoléon à Joseph
texte en markdown<body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG1</i> - 68. - </b>À Joseph</h1><p style="margin-top: 0cm"><br/> </p><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">[Paris], 7 août 1792</h2><p style="margin-top: 0cm"><br/> </p><p style="margin-top: 0cm">Après-demain l’on traite la question de la déchéance du roi. Tout annonce des évènements violents, beaucoup de monde abandonne Paris… L’on a décrété que tous les religieux et religieuses seront obligés d’abandonner leurs maisons. Les biens de congrégation sont confisqués ; etc.</p><p style="margin-top: 0cm">L’affaire du bataillon d’Ajaccio[^1], dont je ne me suis pas occupé parce que cela m’intéresse peu dans un moment de combustion comme celui-ci, a été envoyée du bureau de la Guerre au ministre de la justice parce que l’on n’y a vu aucun délit militaire. C’est là ce que je voulais principalement. Ainsi cette affaire est finie.</p><p style="margin-top: 0cm">J’ai aperçu une lettre de Mario Peraldi à Peretti[^2], capitaine des grenadiers, sur la table de Leonetti. Avertis-en Quenza[^3] afin que ce ne soit pas un objet de quelque intrigue et que Quenza le surveille.</p><p style="margin-top: 0cm">Je crois que je me résoudrai à partir dans peu et à abandonner le bataillon. Ainsi, quels que soient les évènements, je me trouverai établi en France. </p><p style="margin-top: 0cm">Dis à Fesch que l’affaire de Sorba y prend une assez bonne tournure. L’arbre généalogique qu’il m’a envoyé est exact. Il serait possible qu’il nous en revînt quelque chose. Il a laissé à peu près 20 000 livres[^4].</p><p style="margin-top: 0cm">Tiens-toi sur le pied de venir député à la prochaine législature ; sans cela, tu joueras toujours un sot rôle en Corse[^5].</p><p style="margin-top: 0cm">Écris-moi toujours ici sous l’adresse de Leonetti ou de Pietri[^6] qui m’enverront les lettres dans l’endroit où je serai. </p><p style="margin-top: 0cm">J’ai reçu le certificat du consul. J’espère qu’il sera bon.</p><p style="margin-top: 0cm">J’ai été deux fois chez Garnier[^7] pour une affaire de Massaria[^8] ; j’espère le trouver ce matin.</p><p style="margin-top: 0cm">Je me suis beaucoup donné à l’astronomie pendant mon séjour ici. C’est un beau divertissement et une superbe science… Avec mes connaissances mathématiques, il ne faut que peu d’étude pour posséder cette science. C’est un grand acquis de plus.</p><p style="margin-top: 0cm">Si je n’eusse consulté que l’intérêt de la maison et mon inclination je serais venu en Corse, mais vous êtes tous d’accord à penser que je dois aller à mon régiment. Ainsi j’irai.</p><p style="margin-top: 0cm">Mon ouvrage[^9] est fini, corrigé, copié, mais ce n’est pas dans ces circonstances que l’on fait imprimer. Aussi bien, je n’ai plus la petite ambition d’auteur.</p><p style="margin-top: 0cm">Adieu.</p><p style="margin-top: 0cm">Mille choses à Massaria et à tous nos amis. Avertis Paolo Batista qu’il serait possible que je donnasse ma démission du bataillon. Fais avertir aussi Tomaso Tavera afin qu’ils puissent y concourir.</p><p style="margin-top: 0cm">Ma santé est meilleure. Dis à Lucien que je lui écrirai incessamment.[^10]</p> [^1]: Ci-dessus, numéros 54-59. [^2]: <span></span>Jacques Peretti était capitaine de la compagnie des grenadiers du 2<sup>e</sup>bataillon des volontaires corses que commandaient Quenza et Bonaparte. [^3]: <span></span>Jean-Baptiste Quenza (1741-1802), député du tiers-état pour la juridiction de Bonifacio à l’assemblée des Etats de 1789, premier lieutenant-colonel du 2<sup>e</sup>bataillon de volontaires en 1791, on le retrouve plus tard, en compagnie de Napoléon lors des événements de 1792 et lors de l’expédition de Sardaigne de 1792-1793. Il rejoint ensuite les paolistes, commandant un bataillon anglo-corse à Corte puis la place de Bonifacio (avril 1793). Il prend part, en 1799, à l’insurrection du Fiumorbo et mourra à Toulon en 1802. [^4]: Bonaparte convoite manifestement un héritage. [^5]: Joseph ne sera pas élu à la Convention. [^6]: <span></span><a class="sdfootnotesym" href="#sdfootnote521anc" name="sdfootnote521sym"></a>Giuseppe Maria Pietri, un des quatre représentants du district de Tallano à l’administration départementale de la Corse au début de la Révolution. [^7]: Pierre Dominique Garnier (1756-1827), général de brigade (1793), il participe au siège de Toulon puis passe à l’armée d’Italie en novembre 1795. Il y mène la lutte contre les barbets. Il passe ensuite à l’armée des Alpes, avant de servir à la 8è division militaire. [^8]: Nous ignorons de quelle affaire il s’agit. [^9]: <span></span>Il est difficile d’établir de quel ouvrage Napoléon parle ici. On peut penser qu’il s’agit d’une énième mouture de son<i>Histoire de la Corse</i>. [^10]: <span></span>Frédéric Masson,<i>Napoléon dans sa jeunesse 1769-1793</i>, Ollendorf, 1907, p. 311 ; d’après les archives Lévie-Ramolino.</body>
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