CG1-0066.md

identifiantCG1-0066.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1792/07/03 00:00
titreNapoléon à Lucien
texte en markdown<body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG1</i> - 66. - </b>À Lucien</h1><p style="margin-top: 0cm"><br/> </p><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">[Paris], 3 [juillet] 1792[^1]</h2><p style="margin-top: 0cm"><br/> </p><p style="margin-top: 0cm">Je t’envoie le projet du comité sur l’éducation publique, rien n’a encore été décidé, et ce n’est pas dans ce moment de combustion que l’Assemblée pourra s’en occuper.</p><p style="margin-top: 0cm">Lis-le avec attention, mon cher Lucien, et fais-en ton profit; ce n’est pas un chef-d’oeuvre, mais cependant il est bon.</p><p style="margin-top: 0cm">La démarche de La Fayette[^2] a été trouvée, par l’homme sensé, nécessaire, mais bien dangereuse pour la liberté publique. En fait de révolution un exemple est une loi, et c’est un exemple bien dangereux que celui que ce général vient de donner. La faction jacobite n’est presque plus rien; le peuple, [c’est-à-dire] les dernières classes, sont irritées et sans doute qu’il y aura un choc.</p><p style="margin-top: 0cm">Et ce choc peut être de telle nature qu’il peut accélérer la ruine de la constitution.</p><p style="margin-top: 0cm">Ceux qui sont à la tête sont de pauvres hommes. Il faut avouer, lorsqu’on voit tout ceci de près, que les peuples valent peu la peine que l’on se donne tant de soucis pour mériter leur faveur. Tu connais l’histoire d’Ajaccio; celle de Paris est exactement la même, peut-être y est-on encore plus petit, plus méchant, plus calomniateur et plus censeur. Il faut voir les choses de près pour sentir que l’enthousiasme est de l’enthousiasme et que le Français est un peuple vieux, sans préjugés, sans liens.</p><p style="margin-top: 0cm">Chacun cherche son intérêt et veut parvenir; à force d’horreur, de calomnie, l’on intrigue aujourd’hui aussi bassement que jamais. Tout cela détruit l’ambition. L’on plaint ceux qui ont le malheur de jouer un rôle, surtout lorsqu’ils pourraient<i><b> </b></i>s’en passer: vivre tranquille, jouir des affections de sa famille, de soi même, voilà, mon cher, lorsque l’on jouit de 4 à 5000 livres de rentes, le parti que doit prendre et que l’on a 35 à 40 ans, [c’est-à-dire]<i><b> </b></i>lorsque l’imagination calmée ne vous tourmente plus.</p><p style="margin-top: 0cm">Je vous embrasse et je vous recommande de vous modérer en tout; en tout, entendez vous, si vous voulez vivre heureux. [^3]</p><p style="margin-top: 0cm"><br/> </p> [^1]: <span></span>La date qui apparaît sur l’original est celle du 3 juin 1793. Il s’agit vraisemblablement d’une erreur, compte tenu de l’allusion à<i>« la démarche de La Fayette ».</i> [^2]: Il s’agit de la dénonciation à la Législative de l’indiscipline des troupes, ce qui a valu à La Fayette une comparution devant l’assemblée, le 28 juin. [^3]: Expédition autographe, Archives nationales, 400 AP 137.</body>
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