CG1-0060.md

identifiantCG1-0060.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1792/05/29 00:00
titreNapoléon à Joseph
texte en markdown<body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG1</i> - 60. - </b>À Joseph</h1><p style="margin-top: 0cm"><br/> </p><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">[Paris], 29 mai 1792</h2><p style="margin-top: 0cm"><br/> </p><p style="margin-top: 0cm">Je suis arrivé à Paris hier. Je me suis, en attendant, logé à l’hôtel où logent Pozzo di Borgo, Leonetti[^1] et Peraldi[^2], c’est-à-dire rue Royale, Hôtel des Patriotes Hollandais. J’y suis trop chèrement, de sorte que je changerai aujourd’hui ou demain. Je n’ai encore vu Pozzo di Borgo qu’un moment ; nous avons eu l’air contraint, cependant ami.</p><p style="margin-top: 0cm">Paris est dans les plus grandes convulsions. Il est inondé d’étrangers et les mécontents sont très nombreux. Voilà trois nuits que la ville reste éclairée. L’on a doublé la garde nationale qui restait aux Tuileries pour garder le Roi. L’on cassera le corps de la Maison du Roi que l’on dit très mal composé.</p><p style="margin-top: 0cm">Les nouvelles des frontières sont toujours les mêmes. Il est probable que l’on se repliera à faire la guerre défensive. </p><p style="margin-top: 0cm">La désertion parmi les officiers est excessive ; de toute manière la position est critique.</p><p style="margin-top: 0cm">Il n’est pas vrai que les gardes nationales soldées doivent avoir les revers rouges ; elles doivent les avoir blancs comme les autres gardes nationales. J’ai vu plus de vingt bataillons différents, tous avec les revers blancs. </p><p style="margin-top: 0cm">Je n’ai point vu Aréna[^3], mais cependant je sais qu’il est seul. Tout le monde lui a tourné le dos : il loge, lui, à l’hôtel de Strasbourg[^4]. </p><p style="margin-top: 0cm">L’on me dit que Pozzo di Borgo est très bien avec le ministre de la Guerre[^5].</p><p style="margin-top: 0cm">Je n’ai point encore vu Marianna[^6]. J’irai après-demain.</p><p style="margin-top: 0cm">Je n’ai point vu Peraldi[^7] qui est à la campagne.</p><p style="margin-top: 0cm">Tiens-toi fort avec le général Paoli. Il peut tout et est tout. Il sera tout dans l’avenir que personne au monde ne peut prévoir. </p><p style="margin-top: 0cm">Leonetti est lieutenant-colonel de la gendarmerie. C’est, je crois, au directoire à choisir celui qui doit avoir la suprématie ou le commandement.</p><p style="margin-top: 0cm">J’irai pour la première fois à l’Assemblée aujourd’hui. Celle-ci ne jouit pas de la même réputation que la Constituante : il s’en faut bien.</p><p style="margin-top: 0cm">Donnes de mes nouvelles à la maison. Écris-moi promptement. Je t’embrasse.[^8]</p><p style="margin-top: 0cm"><br/> </p><p style="margin-top: 0cm"><br/> </p><p style="margin-top: 0cm"><br/> </p><p style="margin-top: 0cm; "> <br/> </p> [^1]: Félix-Antoine Leonetti (mort en 1794), neveu de Paoli, député de Corse à la Législative. [^2]: Tous trois députés corses à la Législative. [^3]: Lui aussi député à la Législative. Il est brouillé avec les paolistes. [^4]: Rue Neuve-Saint-Eustache. [^5]: De Grave. [^6]: Marianna (Élisa) Bonaparte est pensionnaire de la maison royale de Saint-Cyr depuis 1784. [^7]: <span></span>Peraldi di Zicavo, lieutenant au 2<sup>e</sup>bataillon de volontaires corses en 1792. [^8]: <span></span>Frédéric Masson,<i>Napoléon dans sa jeunesse 1769-1793</i>, Ollendorff<i>,</i>1907, p. 295, d’après les archives Lévie-Ramolino.</body>
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