| identifiant | CG1-0056.md |
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| fait partie de | correspondance |
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| est validé | oui |
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| date | 1792/04/09 00:00 |
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| titre | Napoléon à l’administration départementale de la Corse |
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| texte en markdown | <body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG1</i> - 56. - </b>À l’administration départementale de la Corse[^1]</h1><p style="margin-top: 0cm"><br/>
</p><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Ajaccio, [9 avril] 1792, 8 heures du matin</h2><p style="margin-top: 0cm"><br/>
</p><p style="margin-top: 0cm">Messieurs, hier, à 5
heures après midi, des citoyens se battant à coups de stylets, la
garde qui était au séminaire[^2],
est accourue pour éviter le sang de se répandre; dès ce moment la
querelle a cessé et les combattants se sont tournés vers la
patrouille pour la désarmer. Il leur a réussi de désarmer 3
hommes, les autres ont fait résistance. Alors les brigands ont osé
tirer des coups contre la garde et ont blessé à mort un garde
national de la compagnie Ortoli di Tallano[^3]
[^4].
M. Buonaparte, se trouvant dans la grande rue, est accouru aussitôt
au corps de garde pour faire battre la générale ; l’officier de
garde a refusé d’ordonner cette mesure de prudence. Alors, M.
Buonaparte, entendant<i><b> </b></i>des coups de fusil, s’est porté
au quartier, avec une douzaine d’officiers, afin de voir, de
rétablir l’ordre. Arrivé près de la cathédrale, vis à vis de
la maison Ternano, des citoyens ont fait feu sur eux et M. Rocca
Della Serra[^5],
lieutenant de la comp[agnie] Peretti, a été tué raide sur le coup.
</p><p style="margin-top: 0cm">Partout l’on a assiégé
les officiers et soldats de la garde nationale, partout ils ont couru
des périls éminents, partout ils ont été vilipendés. L’on ne
peut pas douter que ce n’ait été un complot formé, fomenté par
la religion. Le commandant des troupes de la place[^6]
a refusé de nous recevoir dans la citadelle. Nous lui avons proposé
d’y aller désarmés, nous lui avons demandé des munitions, mais
encore inutilement. Nous lui avons demandé un piquet de 100 hommes,
tant pour défendre notre troupe que pour la tenir a l’ordre; mais
encore inutilement. La nuit vient de se passer, nous sommes aux
armes, des coups de fusils de tous les côtés. Nous sommes postés
au séminaire, à la caserne neuve, aux jésuites[^7].
Il doit y avoir déjà plusieurs hommes de tués[^8].
Notre désolation est extrême et les ennemis communs doivent être
joyeux de nos maux. Ne tardez pas un moment à nous faire venir des
forces considérables; dans tous les cas nous n’abandonnerons nos
postes qu’avec la vie. M. Quenza a fait toute la nuit la
sentinelle, l’épée à la main, pour contenir la troupe; mais
qu’a-t-il pu faire contre les cris de vengeance, contre la vue du
sang des morts, contre l’indolence des corps administratifs? Il a
dû succomber et le feu se fait de tous côtés.[^9]</p><p style="margin-top: 0cm"><br/>
</p><p style="text-align: right; margin-top: 0cm">Les
lieutenants-colonels,
</p><p style="text-align: right; margin-top: 0cm">le bataillon
des d[istricts d’Ajaccio et Tallano]</p><p style="margin-top: 0cm"><br/>
</p><p style="text-align: right; margin-top: 0cm">Buonaparte</p><p style="margin-top: 0cm"><br/>
</p>
[^1]: Tous les documents arrivant à l’administration départementale de
la Corse sont marqués, en haut, « MM. Pietri et Arrighi »
en arrivant à Corte. Pietri est un représentan du district de
Tallano. Arrighi est commissaire du directoire départemental
dépêché à Ajaccio.
[^2]: Le grand séminaire d’Ajaccio se trouvait au bord de l’actuelle
place du Diamant.
[^3]: <span></span>Ortoli di Tarano, capitaine au 2<sup>e</sup>bataillon de
volontaires corses en 1792.
[^4]: Un certain Francesco Maria Renucci.
[^5]: Rocca Della Serra, lieutenant de volontaires corses assassiné en
avril 1792.
[^6]: Maillard.
[^7]: Les jésuites occupaient le bâtiment actuel de l’école
Forcioli-Conti et l’église San Teramu.
[^8]: Il y aurait eu quatre ou cinq morts et autant de blessés au cours
de cette échauffourée.
[^9]: Expédition, collection privée. Vente : André de Coppet
(Sotheby’s, 14 mars 1955, n° 199) puis Sotheby’s (Londres, 16
mai 1978, n° 293).</body> |
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