| identifiant | CG1-0055.md |
|---|---|
| fait partie de | correspondance |
| est validé | oui |
| date | 1792/04/09 00:00 |
| titre | Napoléon au colonel Maillard, commandant de la place d’Ajaccio |
| texte en markdown | <body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG1</i> - 55. - </b>Au colonel Maillard, commandant de la place d’Ajaccio[^1]</h1><p style="margin-top: 0cm"><br/> </p><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">[Ajaccio], 9 avril 1792</h2><p style="margin-top: 0cm"><br/> </p><p style="margin-top: 0cm">Nous sommes, monsieur, dans le danger le plus éminent[^2]. Les brigands, maîtres d’une partie de la ville et du faubourg, font un feu roulant et très vif. Ils n’ont eu aucun respect pour le drapeau de paix. Nous ne pouvons même pas nous dissimuler que maîtres de toutes les issues où se tient le corps municipal, celui-ci ne peut plus faire des délibérations libres parce qu’il est violenté. Nous avons obéi à la proclamation municipale, nous avons cessé notre feu au moment où on nous a assurés de nos vies, et ce, sur l’autorité que nous supposions au corps municipal sur les rebelles. Mais les révoltés n’ont plus de frein, ne respectant plus d’autorité. Si vous voulez savoir le vrai état des choses, consultez vos soldats de vos différents postes ; ils vous rendront témoignage de notre modération et de la fureur des brigands. L’on voudrait nous faire abandonner notre quartier qui est le seul asile qui nous reste après notre courage ; mais vous n’y consentirez jamais. Que l’on fasse cesser le feu des brigands, et alors, sûrs de la vie des nôtres, nous serons à même de prendre tous les partis qui pourront reconduire dans notre malheureuse patrie la paix et la tranquillité. Nous sommes avec respect,</p><p style="margin-top: 0cm"><br/> </p><p style="text-align: right; margin-top: 0cm">Les lieutenants-colonels </p><p style="text-align: right; margin-top: 0cm">du bataillon national des districts d’Ajaccio et Tallano.[^3]</p><p style="margin-top: 0cm"><br/> </p><p style="margin-top: 0cm"><br/> </p> [^1]: François Charles de Maillard (né en 1740), colonel commandant un régiment stationné en Corse et commandant de la place d’Ajaccio en 1792. Il commande en outre un régiment de troupes régulières et tient en méfiance les bataillons de volontaires. [^2]: Le bataillon de volontaires que dirigent Bonaparte et Quenza stationne à Ajaccio. Il est composé de Corses de l’intérieur, plus acquis à la Révolution que les Ajacciens. C’est dans ce contexte que le 8 avril, au sortir de la messe de Pâques, une dispute dégénère en violents affrontements. [^3]: <span></span>Arthur Chuquet<i>, La jeunesse de Napoléon</i>; Armand Colin, 1898, t. 2, p. 356, n° CXXIX.</body> |