| identifiant | CG1-0053.md |
|---|---|
| fait partie de | correspondance |
| est validé | oui |
| date | 1792/02/27 00:00 |
| titre | Napoléon à Sucy, commissaire des guerres à Valence |
| texte en markdown | <body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG1</i> - 53. - </b>À Sucy, commissaire des guerres à Valence[^1]</h1><p style="margin-top: 0cm"><br/> </p><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Corte, 27 février 1792</h2><p style="margin-top: 0cm"><br/> </p><p style="margin-top: 0cm">Dans ces circonstances difficiles, le poste d’honneur d’un bon Corse est de se trouver dans son pays. C’est dans cette idée que les miens ont exigé que je tins parmi eux ; cependant comme je ne sais pas transiger avec mon devoir je me proposais de donner ma démission. Depuis, l’officier général du département m’a offert un <i>mezzo termine</i>[^2]<i> </i>qui a tout concilié. Il m’a offert une place d’adjudant major dans les bataillons volontaires[^3]. Cette commission retardera le moment de renouveler votre connaissance, mais j’espère pour peu de temps si les affaires vont bien.</p><p style="margin-top: 0cm">Vous m’avez, monsieur, absolument négligé, car il y a bien du temps que je n’ai eu de vos nouvelles.</p><p style="margin-top: 0cm">Les affaires ici vont bien et j’espère qu’à l’heure que vous lirez cette lettre, les vicissitudes politiques auront cessées, au moins, pour cette campagne ; nos ennemis seraient bien dupes de hâter le moment des hostilités, ils savent bien que l’état de défensive nous ruine autant qu’une guerre.</p><p style="margin-top: 0cm">Si vous vous donnez la peine de penser à un ancien ami, vous me donnerez des nouvelles de votre position. Dans ce moment-ci, si votre nation perd courage, elle a vécu pour toujours. </p><p style="margin-top: 0cm">Si vous avez toujours conservé vos relations avec Saint-Etienne[^4], je vous prierai de me faire faire une paire de pistolets à deux coups. Je voudrais qu’ils eussent à peu près 7 à 8 pouces de long et que le calibre fût de 22 à 24 à peu près. Quant au prix j’y mettrai 7 à 8 louis en assignats de cinq livres. Si vous pouvez vous charger de cette commission vous pouvez m’adresser ces pistolets par Marseille à monsieur Henri Gastaud, négociant, rue du Paradis, Marseille[^5].</p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Buonaparte</h3><p style="margin-top: 0cm"><br/> </p> [^1]: Simon Antoine François Marie de Sucy de Clisson (1764-1799), héritier d’une charge paternelle de commissaire des Guerres, il séjourne à Rome et en Italie avant de devenir député de la noblesse aux Etats généraux puis commissaire des guerres du Dauphiné. Il se lie avec le jeune Bonaparte à Valence en 1791. Il est nommé commissaire ordonnateur à l’armée d’Italie à Nice en 1795, puis, en septembre, ordonnateur en chef. Il rédige alors un Mémoire sur la situation administrative de l’armée d’Italie qui déplaît. Il est remplacé par Chauvet, son ancien subordonné à Valence qui, lui aussi, connaît Bonaparte. Il accompagne Saliceti à Gênes et ne sort plus de cet isolement volontaire, acceptant simplement un petit temps d’intérim lors d’une indisposition de Villemanzy. [^2]: Compromis. [^3]: Le 22 février, Bonaparte a été nommé lieutenant d’artillerie et adjudant major dans le bataillon de la garde nationale volontaire dit d’Ajaccio et de Tallano. [^4]: Manufacture royale d’armes de Saint Étienne. [^5]: <span></span>D’après fac-similé de l’expédition autographe dans, baron de Coston<i>, Biographie des premières années de Napoléon Bonaparte</i>; Marc Aurel frères, 1840, Tome 2- Page 179.</body> |