| identifiant | CG1-0052.md |
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| fait partie de | correspondance |
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| est validé | oui |
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| date | 1792/02/17 00:00 |
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| titre | Napoléon à Sucy, commissaire des guerres à Valence |
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| texte en markdown | <body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG1</i> - 52. - </b>À Sucy, commissaire des guerres à Valence[^1]</h1><p style="margin-top: 0cm"><br/>
</p><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Corte, 17 février 1792</h2><p style="margin-top: 0cm"><br/>
</p><p style="margin-top: 0cm">Des circonstances
impérieuses m’ont forcé, monsieur et cher Sucy, à rester en
Corse plus longtemps que ne l’aurai voulu les devoirs de mon
emploi. Je le sens et n’ai cependant rien à me reprocher ; des
devoirs plus sacrés et plus chers m’en justifient.</p><p style="margin-top: 0cm">Aujourd’hui cependant
que je me trouve plus libre, j’aurai envie de venir vous joindre,
mais avant j’attendrai le conseil que vous me donnerez. Comment
suis-je placé dans la revue du 1<sup>er</sup> janvier ? A-t-on nommé
à mon emploi et quelles démarches faudrait-il faire ?</p><p style="margin-top: 0cm">Je suis à Corte, M.
Volney[^2]
est ici et dans peu de jours nous partirons pour faire un tour de
l’île. M. de Volney, connu dans la République des lettres par son
<i>Voyage en Egypte</i>, par ses <i>Mémoires sur l’agriculture</i>,
par ses discussions politiques et commerciales sur le traité de 56[^3],
par sa <i>Méditation sur les ruines</i>, l’est également dans les
annales patriotes par sa constance à soutenir le bon parti à
l’assemblée Constituante. Il veut s’établir chez nous et passer
tranquillement sa vie dans le sein d’un peuple simple, d’un sol
fécond et du printemps perpétuels de nos contrées[^4].</p><p style="margin-top: 0cm">J’ai reçu il y a
plusieurs mois votre lettre ; vous m’avez donné de bonnes
nouvelles de nos amies du bord du Rhône et vous m’avez fait un
sensible plaisir. Vous leur direz donc que je prends un intérêt
bien juste à leur santé et à leur félicité.
</p><p style="margin-top: 0cm">Je crois inutile que vous
communiquiez ma lettre à ces MM. du régiment : il ne dépend que de
vous de me faire hâter mon voyage ; à la réception de votre lettre
je partirai.</p><p style="margin-top: 0cm">Mes compliments à
Gouvion, Borthon[^5]
et Vaubois[^6].
Mes respects et amitiés, monsieur et cher Sucy.[^7]</p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Buonaparte</h3><p style=""><br/>
</p>
[^1]: Simon Antoine François Marie de Sucy de Clisson (1764-1799), héritier d’une charge paternelle de commissaire des Guerres, il
séjourne à Rome et en Italie avant de devenir député de la
noblesse aux États généraux puis commissaire des guerres du
Dauphiné. Il se lie avec le jeune Bonaparte à Valence en 1791. Il
est nommé commissaire ordonnateur à l’armée d’Italie à Nice
en 1795, puis, en septembre, ordonnateur en chef. Il rédige alors
un Mémoire sur la situation administrative de l’armée d’Italie
qui déplaît. Il est remplacé par Chauvet, son ancien subordonné
à Valence qui, lui aussi, connaît Bonaparte. Il accompagne
Saliceti à Gênes et ne sort plus de cet isolement volontaire,
acceptant simplement un petit temps d’intérim lors d’une
indisposition de Villemanzy.
[^2]: Constantin François Volney (1757-1820), cet « encyclopédiste
nomade » (Bernard Valade), révolutionnaire modéré a
rencontré Bonaparte en Corse (février 1792). A son retour à
Paris, il publie deux articles sur l’état de la Corse très
critique à l’égard de Paoli et des mœurs politiques de l’île.
[^3]: Probablement le traité du 4 août 1756 par lequel Gênes a autorisé
des troupes françaises à s’installer en Corse.
[^4]: Officiellement directeur général du commerce et de l’agriculture
de l’île, ayant loué un bien à Campo dell’Oro, Volney ne
restera pas en Corse plus de quelques mois.
[^5]: Jean Borthon (1755-1812), lieutenant-colonel en premier du 2<sup>e</sup>bataillon de volontaires de la Drôme en 1791.
[^6]: Charles-Henri Belgrand de Vaubois (1748-1839), ami de Bonaparte dès
les premiers temps de la Révolution, il est lieutenant-colonel en
second du 3<sup>e</sup>bataillon de volontaires nationaux de la
Drôme en 1791. Général de brigade à l’armée des Alpes, il
passe à l’armée d’Italie (mai 1796) et, plus tard, le
commandement militaire de la Corse.
[^7]: <span></span>D’après fac-similé de l’expédition autographe, Baron de
Coston<i>, Biographie des premières années de Napoléon
Bonaparte</i>; Marc Aurel frères, 1840, Tome 2- Page 176.</body> |
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