| identifiant | CG1-0049.md |
|---|---|
| fait partie de | correspondance |
| est validé | oui |
| date | 1791/04/24 00:00 |
| titre | Napoléon à Joseph |
| texte en markdown | <body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG1</i> - 49. - </b>À Joseph</h1><p style="margin-top: 0cm"><br/> </p><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Auxonne, 24 [avril 1791][^1]</h2><p style="margin-top: 0cm"><br/> </p><p style="margin-top: 0cm">Fesch à qui j’ai écrit plus longuement pourra te donner quelques renseignements sur le chemin que vous devez suivre pour ultimer[^2] l’affaire de la Pépinière[^3]. Il serait temps que tu t’en occupasses sérieusement. Lorsque tu auras fait tout ce que tu dois faire à Bastia, je [m’occuperai] d’ultimer le tout en sollicitant à l’Assemblée nationale.</p><p style="margin-top: 0cm">Louis[^4] a écrit cinq ou six lettres ; je ne sais pas ce qu’il y baragouine.</p><p style="margin-top: 0cm">Il étudie à force, apprend à écrire le français ; je lui montre les mathématiques et la géographie. Il lit l’histoire. Il fera un excellent sujet. Toutes les femmes de ce pays-ci en sont amoureuses. Il a pris un petit ton français, propre, leste ; il entre dans une société, salue avec grâce, fait les questions d’usage avec un sérieux et une dignité de trente ans. Je n’ai pas de peine à voir que ce sera le meilleur sujet de nous quatre. Il est vrai qu’aucun de nous n’aura eu une jolie éducation.</p><p style="margin-top: 0cm">Tu ne trouveras peut-être pas ses progrès fort rapides dans l’écriture, mais tu songeras que jusqu’ici son maître ne lui a encore appris qu’à tailler ses plumes, à écrire en gros. Tu seras plus satisfait de son orthographe. C’est un charmant sujet, travailleur par inclination autant que par amour-propre et puis pétri de sentiment... C’est un homme de quarante ans qui en a l’application et le jugement. Il ne lui manque que l’acquis. C’est dommage que je crains qu’il n’y ait pas d’examen. Alors, il faudrait qu’il retourne en Corse et son éducation serait manquée entièrement.</p><p style="margin-top: 0cm">Le trésorier Conti[^5] aura besoin d’un commis ou deux pour faire sa besogne. Ne pourrait-il pas prendre Lucien. Le trésorier du district de Saint-Jean-de-Losne[^6] a trois commis.</p><p style="margin-top: 0cm">L’on devra établir à Ajaccio un bureau pour l’Enregistrement et les Domaines, mais c’est les Domaines qui devront nommer aux places.</p><p style="margin-top: 0cm">Ton adresse aux [...][^7] a été trouvée meilleure que je ne le craignais. Elle a fait très bon effet.[^8]</p><p style="margin-top: 0cm">Adieu.</p><p style="margin-top: 0cm"><br/> </p> [^1]: Dimanche, jours de Pâques. [^2]: Comprendre « terminer ». [^3]: Nombreuses lettres sur cette affaire, ci-dessus à partir du n° 9. [^4]: À son départ de Corse en janvier 1791, Napoléon a emmené avec lui son jeune frère Louis (13 ans) dont il prend en charge son éducation. [^5]: Certainement Paul Emile Conti, officier municipal d’Ajaccio. [^6]: À une quinzaine de kilomètres au sud-ouest d’Auxonne. Bonaparte y rédige vraisemblablement cette lettre. [^7]: Voir ci-dessus, n° 48. [^8]: <span></span>F. Masson et G. Biagi,<i>Napoléon inconnu, papiers inédits 1769-1793 accompagnés de notes sur la jeunesse de Napoléon Ollendorff</i>, 1895, tome 2, page 203 ; d’après archives Lévie-Ramolino.</body> |