| identifiant | CG1-0045.md |
|---|---|
| fait partie de | correspondance |
| est validé | oui |
| date | 1791/02/08 00:00 |
| titre | Napoléon à Joseph Fesch |
| texte en markdown | <body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG1</i> - 45. - </b>À Joseph Fesch</h1><p style="margin-top: 0cm"><br/> </p><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Serve, près [Saint-Vallier][^1], 8 février 1791</h2><p style="margin-top: 0cm"><br/> </p><p style="margin-top: 0cm">Je suis dans la cabane d’un pauvre d’où je me plais à t’écrire après m’être longtemps entretenu avec ces bonnes gens… Il est 4 heures du soir, le temps est frais quoique doux, je me suis amusé à marcher. La neige ne tombe pas, mais n’en est pas loin… J’ai trouvé<i><b> </b></i>partout les paysans très fermes sur leurs étriers. Surtout en Dauphiné : ils sont tous disposés à périr pour le maintien de la constitution.</p><p style="margin-top: 0cm">J’ai vu à Valence un peuple résolu, des soldats patriotes et des officiers aristocrates ; exception cependant, puisque le président du club est un capitaine nommé Du Corbeau. C’est un capitaine du régiment de Toul[^2] en résidence à Valence.</p><p style="margin-top: 0cm">Les femmes sont partout royalistes. Ce n’est pas étonnant. La liberté est une femme plus jolie qu’elles qui les éclipse.</p><p style="margin-top: 0cm">Tous les curés du Dauphiné ont prêté le serment civique ; l’on se moque des cris des évêques.</p><p style="margin-top: 0cm">Il ne faut pas tant plaindre notre département, je connais les personnes qui composent celui de Valence, elles ne valent pas les nôtres…</p><p style="margin-top: 0cm">Le club est ici composé de 200 personnes ; quand ils tiennent leurs sessions publiques, ils s’assemblent dans une église. Les femmes y vont alors.</p><p style="margin-top: 0cm">Ce que l’on appelle la bonne société est au 3/4 aristocrate : c’est-à-dire qu’ils se couvrent du masque des partisans de la constitution anglaise.</p><p style="margin-top: 0cm">Il est vrai que Peretti[^3] a menacé Mirabeau d’un coup de couteau[^4] : cela n’a pas fait honneur à la nation.</p><p style="margin-top: 0cm">Il faudrait<i><b> </b></i>que la société patriotique fît présent d’un habillement complet corse à Mirabeau, c[‘est]-à-d[ire] d’une barrette, vestole[^5], culotte et calceton[^6], stylet, pistolet et fusil ; cela ferait un bon effet. </p><p style="margin-top: 0cm">Dimanche prochain, le département de la Drôme fera son évêque[^7]. Il est probable que ce sera un curé de Valence.</p><p style="margin-top: 0cm">Je n’entends rien de nouveau, ainsi il faut que tout soit tranquille.</p><p style="margin-top: 0cm">La société patriotique de Valence a envoyé une députation pour procurer de concilier Avignon avec Carpentras. Cette députation se joindra avec des députations des sociétés<i><b> </b></i>de Loriol, de R[…][^8], de Montélimar, etc., etc.</p><p style="margin-top: 0cm">Je vous embrasse, mon cher Fesch, la voiture passe. Je vais la joindre. Nous coucherons à [Saint-Vallier].[^9]</p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal"><i>Buonaparte</i></h3><p style="text-align: right; margin-top: 0cm"><br/> </p> [^1]: En Dauphiné. [^2]: Corbeau de Saint-Albin, capitaine en second d’artillerie a servi à Toul, Metz et, désormais, Valence. [^3]: Peretti, abbé et vicaire général du diocèse d’Aléria, député de Corse à la Constituante. [^4]: Lors d’une séance houleuse à l’assemblée, le 15 novembre 1790, le député corse aurait brandi un stylet. [^5]: Veste. [^6]: <span></span>De<i>calzettoni</i>, bas de chausses. [^7]: Election de l’évêque. [^8]: Mot incomplet. [^9]: Expédition autographe, Archives nationales, 400 AP 137.</body> |