CG1-0041.md

identifiantCG1-0041.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1790/08/22 00:00
titreNapoléon à Joseph
texte en markdown<body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG1</i> - 41. - </b>À Joseph</h1><p style="margin-top: 0cm"><br/> </p><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Bastia, [22 août 1790][^1]</h2><p style="margin-top: 0cm"><br/> </p><p style="margin-top: 0cm">Tu as reçu par le dernier courrier une lettre qui t’aura donné des renseignements sur les différents évènements de Bastia…. Depuis l’embarquement de Gaffori[^2], l’emprisonnement de Boccheciampe[^3] et de Cuttoli, il ne s’est rien passé de remarquable...[^4],</p><p style="margin-top: 0cm">Massaria écrit beaucoup ici, mais ses lettres, comme son visage ; ne persuadent pas ; elles repoussent. Cet homme n’a point de tact. Il n’est bon qu’à ruiner les affaires d’où il s’entremêlera. Ses lettres pleines de sottises contre Mario[^5] [...] que l’exalter... Nous rions de lui [...] pas. Il écrit au général[^6] qu’il [...] a entré dans un complot pour jeter la citadelle à terre. J’espère qu’il n’en est rien... Le général va lui écrire fortement. Il a reçu par ce courrier une des miennes. Fais-te la montrer.</p><p style="margin-top: 0cm">Ponte[^7] a déjeuné chez moi et moi chez lui. Cela a servi de réconciliation[^8].</p><p style="margin-top: 0cm">J’ai écrit à [...] tu peux voir sa lettre ; [...] a été arrêté et après vingt-quatre heures relâchées à la sollicitation du général. J’ai vu ici Massano di Bonifacio. Nous nous sommes faits beaucoup de compliments... Les assemblées sont commencées depuis trois jours ici. Nous en verrons le résultat. In Venasco, les cinq électeurs sont nôtres. Zampaglino[^9] est arrivé. Je lui ai fait des finesses... Ce soir se donneront les fêtes, c’est-à-dire le soir l’illumination. Je t’en donnerai les détails. [...] nos assemblées avec ordre et surtout la loi à la main, car il ne faut pas vous appuyer sur la protection de personne. Les manifestes s’impriment à force ainsi que les billets. Cela coûtera une cent cinquantaines de francs.</p><p style="margin-top: 0cm">Il est urgent de donner les douze écus que l’on doit à Buonaroti[^10]. Il me les a demandés plusieurs fois. C’est une créance honteuse, c’est une violation de dépôt. [...] Dis à maman qu’elle me trouve les six écus qu’elle me doit [...]. Vous aviez fait imprimer la lettre de Paoli à Lévie[^11]. L’imprimeur, à la sollicitation des municipaux de Bastia ne s’était pas donné de repos qu’il n’en eût fait 300 exemplaires et depuis [...] quoiqu’il vous ait écrit plusieurs [...] ces lettre<i><b>s </b></i>sont là. [...] lorsqu’il me disait ceci il en a été témoin. Cela a fait une scène.</p><p style="margin-top: 0cm">Les vers du vicario[^12] ont été goûtés de tout le monde. Fais-lui-en mon compliment.</p><p style="margin-top: 0cm">[Trois lignes illisibles]</p><p style="margin-top: 0cm">Salue-moi le maire, Conti, et procure d’être député[^13]. Il serait fort avantageux si Mario pouvait ne pas être président.</p><p style="margin-top: 0cm">Je dîne aujourd’hui chez l’abbé Varese[^14]. [Environ deux lignes illisibles].[^15]</p><p style="margin-top: 0cm"><br/> </p> [^1]: Cette lettre, seulement datée d’un dimanche, est antérieure et en rapport direct avec la suivante du vendredi 27 août. Nous avons donc opté pour la date du dimanche 22 août 1790. [^2]: François de Gaffori (1744-1796), fils de l’ancien général de la nation corse Giovan Pietro Gaffori, beau-père de Buttafoco, envoyé en Corse en 1790 pour rétablir l’ordre, il n’y parvient pas. Devenu la figure de proue des royalistes, il est sommé par Paoli de quitter l’île et s’exécute le 27 juillet. François et Cuttoli sont deux gafforistes ; ne voulant pas quitter l’île comme leur leader, ils furent emprisonnés puis expulsés de force. [^3]: Matteo Boccheciampe, partisan du royaliste corse Gaffori, arrêté et expulsé de Corse en août 1790. [^4]: <span></span>Les « gafforistes » François et Cuttoli seront expulsés de Corse.<i><b> </b></i> [^5]: Mario Peraldi, député à la Législative. [^6]: Paoli. [^7]: Giacomo Maria Ponte, Charles Bonaparte lui achète une maison en 1775, sa famille est hostile à Paoli. [^8]: Charles Bonaparte a acheté une maison aux Pontes en 1775. Nous ignorons si cette réconciliation est liée à cette transaction où aux idées anti-paoliste des Ponte (voir ci-dessous, n° 43). [^9]: Surnom de Ange-Mathieu Bonelli. [^10]: Philippe Buonaroti (1761-1837), d’origine italienne (il prétend descendre de Michel-Ange), reconnu comme français seulement en 1793, il publie à partir d’avril 1790 le Giornale Patriottico di Corsica, s’oppose à Paoli et se lie avec Robespierre. Complice de la conspiration Babeuf, il échappe de peu à la déportation. [^11]: <span></span>Lévie est maire d’Ajaccio depuis mars 1790. Paoli, lui écrit le 17 mai 1790 pour lui dire qu’il est hostile à la division de la Corse en deux départements. La lettre a été publiée dans le<i>Giornale Patriottico</i>du 12 juin 1790. [^12]: Peut-être Fesch, alors vicaire d’Ajaccio. [^13]: Joseph espère être élu au Directoire du district d’Ajaccio. [^14]: François Marie Aurélien de Varese (1755-1807), cousin de Letizia Bonaparte, diacre puis grand vicaire du diocèse d’Autun, il est envoyé en Corse comme commissaire du roi en 1790. Membre de la commission de contrôle des actes en Corse, il est battu par Pozzo di Borgo lors des élections à la Législative. Rentré à Paris, il est envoyé pour quelque mission secrète en Italie. Démasqué et désormais désireux de faire oublier son passé ecclésiastique, il entre dans l’administration de la Marine. [^15]: <span></span>Frédéric Masson,<i>Napoléon dans sa jeunesse 1769-1793</i>, Ollendorff, 1907, p. 243.</body>
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