| identifiant | CG1-0034.md |
|---|
| fait partie de | correspondance |
|---|
| est validé | oui |
|---|
| date | 1789/08/09 00:00 |
|---|
| titre | Napoléon à Joseph |
|---|
| texte en markdown | <body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG1</i> - 34. - </b>À Joseph</h1><p style="margin-top: 0cm"><br/>
</p><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Auxonne, [8] et 9 août 1789</h2><p style="margin-top: 0cm"><br/>
</p><p style="margin-top: 0cm">Ce que l’on appelle […][^1]
paysans et la populace des […]<sup>1</sup> a commis de tous côtés
de grands ravages, à l’instar de la capitale. Le tiers et les
milices, conjointement aux troupes, se sont armés pour mettre le
holà ! Mais ont été souvent insuffisants, ne voulant pas se
porter aux dernières extrémités. Par toute la France, le sang a
coulé ; mais presque partout cela a été le sang impur des ennemis
de la Liberté, de la Nation, et qui depuis longtemps s’engraissaient
à leurs dépens. L’on raconte que l’on a tué en Bretagne cinq
personnes et que l’on en a envoyé les têtes à Paris.</p><p style="margin-top: 0cm">Entre autres anecdotes,
celle de Plombières est plaisante. Plombières, en Lorraine, est
célèbre par ses eaux. […]<sup>1</sup> y était pour en profiter.
Elles apprirent la disgrâce de M. Necker[^2]
avec plaisir et se répandirent en propos indiscrets. Le peuple
furieux profita d’un moment qu’elles étaient au bain, enleva
leurs vêtements, déchira leurs chemises et les obligea à traverser
la ville ainsi nue... Si la modestie de ce sexe consiste à cacher
ses appâts, si ses vertus doivent être la réserve, pourquoi donc
veulent-elles se mêler des affaires publiques ?</p><p style="margin-top: 0cm">Les troubles qui agitent
le royaume ont été soumis par l’Assemblée nationale à un comité
particulier. Le 4 août, il s’est assemblé et a décidé que pour
apaiser le peuple il fallait le soulager, qu’il […]<sup>1</sup>
renverser à jamais […]<sup>1</sup>. Sur la motion du prince de
Poix, du duc d’Aiguillon[^3],
du duc du Châtelet, de M. d’Antraigues[^4],
le comité a rédigé 22 articles et les a présentés à l’Assemblée
nationale. Ils ont eu l’entière approbation. Les voici : plus de
places vénales dans la justice ; plus de casuel dans les cures ;
plus de droit de chasse, de colombier, de garenne, plus de perception
de droits féodaux, les uns supprimés comme […]<sup>1</sup>, les
autres rachetés à un prix modique ; plus d’annates[^5]
en cour de Rome ; plus de jurandes et maîtrises ; plus
d’accumulation de bénéfices sur la même tête [...]<sup>1</sup>
pouvoir entrer dans le corps militaire des nobles, supprimé, etc.</p><p style="margin-top: 0cm">Louis XVI nommé
restaurateur de la liberté française. […]<sup>1</sup>. Une
médaille frappée aux hommes de la […]<sup>1</sup>.</p><p style="margin-top: 0cm">Tout ceci est brillant,
mais cela n’existe encore que sur du papier. J’oubliais de te
dire que toutes les provinces ont renoncé à leurs droits
particuliers. C’est un grand pas vers le bien.</p><p style="margin-top: 0cm">L’on s’occupe beaucoup
de la Constitution ; mais ils avancent lentement. Ils babillent trop.
Quand elle paraîtra, je te communiquerai mes observations.</p><p style="margin-top: 0cm"><br/>
</p><p style="margin-top: 0cm">Le 9 août 1789.</p><p style="margin-top: 0cm">Toutes ces opérations
[…]<sup>1</sup> pris parce que l’on [ne] s’y attendait pas
encore. Je me couchais lorsqu’on est venu me l’apprendre, à
minuit.</p><p style="margin-top: 0cm">Le casuel du clergé est
supprimé, mais pour les villages seulement.</p><p style="margin-top: 0cm">Adieu, mon ami, donne-moi
des nouvelles de la patrie, de la ville, de la famille. Crois-moi les
sentiments que tu as. Embrasse tout le monde et dirige toujours ces
jeunes enfants[^6]
qui ont si besoin de tes secours. Fais-leur apprendre l’histoire,
le français.</p><p style="margin-top: 0cm">Adieu. Adieu.</p><p style="margin-top: 0cm">II est deux heures et
demie et la poste part d’ici à une demi-heure. Le courrier […]<sup>1</sup>
passe ici à trois heures, prend les paquets qu’il porte à Dijon.</p><p style="margin-top: 0cm">Je vais porter ma lettre.
Le temps est beau. La lune, si tu ne dormais, tu la verrais comme
moi. Elle donne sur <i>il carrujo dritto</i>[^7],
tandis que le Suisse crie : « Qui vive ! »</p><p style="margin-top: 0cm">L’Empereur est rétabli
tout à fait, la Suède […]<sup> 1</sup>. Sont-ce les Algériens
qui courent la mer ?[^8]</p><p style="margin-top: 0cm"><br/>
</p>
[^1]: Lettre déchirée.
[^2]: Jacques Necker (1732-1804), directeur général du Trésor royal
(1776), directeur général des Finances (1771-1781 et 1788-1790),
ministre d’Etat (1788).
[^3]: Emmanuel Armand de Vignerot du Plessis Richelieu, duc d’Aiguillon
(1720-1798), député de la noblesse aux Etats généraux puis
membre de la Législative.
[^4]: Emmanuel Henri Louis
Antraigues, comte d’, député de la noblesse aux Etats généraux.
[^5]: Droits payés au pape par un nouvel évêque ou abbé à sa
nomination.
[^6]: Ses frères et sœurs en bas âge.
[^7]: « Il carruggio dritto » traduit généralement par « rue
droite », en fait « rue directe » menant
généralement à une porte, en référence au « carruggio
dritto » ajaccien, aujourd’hui rue Bonaparte.
[^8]: Copie d’après expédition autographe communiquée à la
commission du Second Empire par le Prince Napoléon, Archives
nationales, 400 AP 137.</body> |
|---|
| |