CG1-0032.md

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titreNapoléon à l’archidiacre Lucien Bonaparte
texte en markdown<body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG1</i> - 32. - </b>À l’archidiacre Lucien Bonaparte</h1><p style="margin-top: 0cm"><br/> </p><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">[Auxonne, juillet 1789][^1]</h2><p style="margin-top: 0cm"><br/> </p><p style="margin-top: 0cm">Je suis très surpris de ne pas recevoir de vos nouvelles.</p><p style="margin-top: 0cm">Depuis 2 mois les États étaient assemblés sans avoir encore rien fait ; ils se disputaient sur la vérification et la manière de délibérer, lorsque l’on a annoncé une séance royale. Le 23 juin, le roi a siégé. Après un discours très ferme, il a fait lire 2 déclarations. La première en 15 articles, la seconde en 35. Il ordonnait par la première, que les états délibérassent par ordres et cassait les dispositions et les arrêts pris par les communes. Dans la seconde, il annonçait des projets et ce qu’il voulait faire : abolition totale de main morte, de franc fief, de corvée, organisation d’états provinciaux nouveaux : les 2/10 du clergé, les 3/10 de la noblesse et les 5/10 du tiers état ; la perception de l’impôt, l’inspection des dépenses des villes, des hôpitaux, des enfants trouvés, des chemins, etc., leur sera confiés. M. Necker n’a pas paru à cette assemblée royale dont il a désapprouvé les formes. Il a même donné sa démission. Mais le peuple de Versailles et de Paris s’est émeuté [<i>sic</i>] et l’on a été obligé de le conserver[^2]. Il est, dit-on, rentré en grâce.</p><p style="margin-top: 0cm">150 membres du clergé se sont réunis au tiers ainsi que 44 de la noblesse[^3]. Voilà les nouvelles aujourd’hui. Mais parlons de nos affaires[^4].</p><p style="margin-top: 0cm">Elles vont l’on ne peut pas plus lentement et il serait absolument indispensable que j’allasse à Paris passer l’hiver prochain. Vous en sentez la nécessité sans que j’entre dans aucun détail. Mais où trouver l’argent nécessaire à ce voyage ? Il en faut beaucoup et nous n’en avons pas. J’ai cependant assez de ressources pour en trouver. Si vous pourriez me procurer 300 l[ivres], je me chargerais d’avoir 200 [de plus] […][^5] en passant tout l’hiver, j’aurais le temps de me retourner de toutes les manières et il faut espérer que j’en viendrai à bout. De manière ou d’autre, je me formerai, je ferai des connaissances et tout cela ne peut tourner qu’à l’avantage de la famille. Ce n’est pas restant dans le fond de la province ou de la Corse que l’on peut trouver et reproduire. Vous comprenez toutes ces raisons aussi bien que moi. Mais, l’impossibilité d’avoir ces 300 l[ivres] vous fera renoncer au projet. Comment donc faire ? Il faut cependant que l’on prenne un parti pour cette pépinière, pour ces arbres, pour tout, et il faut faire l’impossible s’il peut se faire. J’attends votre réponse. Si vous m’envoyez ces 300 l[ivres], envoyez-moi : 1° le contrat passé avec le roi, 2° le procès-verbal, 3° la lettre de résiliation en quelques pièces de cette nature et j’espère vous rendre bon compte de tout. Depuis 2 ans j’ai acquis de l’expérience et puis, je ne trouverais pas les mêmes obstacles et en tout cas, j’aurais le temps de les surmonter.</p><p style="margin-top: 0cm">Adieu.[^6]</p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal"><i>B.P.</i></h3><p style="margin-top: 0cm; "> <br/> </p> [^1]: Date présumée. [^2]: Voir ci-dessus, n° 30 et 31. [^3]: 47 députés de la noblesse se sont réunis au tiers le 25 juin. [^4]: <span></span>L’affaire de la pépinière, bien sûr, commencée dans cette édition de la<i>Correspondance générale</i>au n° 9. [^5]: Lettre déchirée. [^6]: Expédition autographe, Archives nationales, 400 AP 137.</body>