| identifiant | CG1-0031.md |
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| fait partie de | correspondance |
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| est validé | oui |
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| date | 1789/07/22 00:00 |
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| titre | Napoléon à Joseph |
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| texte en markdown | <body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG1</i> - 31. - </b>À Joseph[^1]</h1><p style="margin-top: 0cm"><br/>
</p><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Auxonne, 22 juillet 1789</h2><p style="margin-top: 0cm"><br/>
</p><p style="margin-top: 0cm">Au milieu du bruit des
tambours, des armes, du sang, je t’écris cette lettre. La populace
de cette ville, renforcée d’un tas de brigands étrangers qui sont
venus pour piller, se sont mis, dimanche au soir, à renverser les
corps de bâtiments où logent les commis de la ferme, ont pillé la
douane et plusieurs maisons.</p><p style="margin-top: 0cm">L’on a battu la générale
et l’on s’est transporté partout. Le général qui commande[^2]
m’a fait appeler pour me dire de rester avec lui pour porter les
ordres et lui faire part de mes observations.</p><p style="margin-top: 0cm">Nous avons été à
l’hôtel de ville où il a harangué les notables et leur a fait
prendre les armes. J’ai passé la nuit sur une chaise dans le salon
du général. À tous les moments, nous recevions des avis que l’on
pillait tel et il est innombrable les courses que j’ai faites pour
porter les ordres et disposer les détachements. Il y a eu toute la
nuit 450 hommes sous les armes. L’on ne voulait pas tirer ni faire
trop de mal ; c’est ce qui embarrassait. À la pointe du jour
l’on a enfoncé l’une des portes de la ville et le bruit a
recommencé. Le général a 75 ans, il s’est trouvé fatigué. Il a
appelé les chefs de la bourgeoisie et leur a ordonné de prendre
l’ordre de moi, vu que je connaissais ses intentions. Après bien
des manœuvres, nous en avons arrêté 33 et nous les avons mis au
cachot.</p><p style="margin-top: 0cm">J’oubliais de te dire
que j’avais, au commencement harangué les mutins pendant trois
quarts d’heure.</p><p style="margin-top: 0cm">Je suis aujourd’hui au
château de garde avec 50 hommes. Ici sont tous les prisonniers. Hier
au soir, sur les 11 heures, l’on m’avisa que l’on voulait
escalader mon poste pour enlever les prisonniers, ce qui m’a fait
passer toute la nuit sur le qui-vive et nous sommes toujours en
alarme. L’on va, je crois, en pendre deux ou trois prévôtalement.</p><p style="margin-top: 0cm">La maison Polignac est
disgraciée, l’on dit même Madame[^3]
tuée[^4],
le comte d’Artois[^5]
exilé[^6],
M. Necker[^7]
de retour, tout prend une bonne tournure.</p><p style="margin-top: 0cm">Je te répète ce que j’ai
dit, le calme revient. Dans un mois, il ne sera plus question de
rien. Ainsi, si vous m’envoyez 300 l[ivres], j’irai à Paris pour
terminer nos affaires. Adieu, écris-moi un peu longuement[^8].</p><p style="margin-top: 0cm"><br/>
</p>
[^1]: La lettre est adressée à « Monsieur de Buonaparte, à
Ajaccio en Corse ». Le tutoiement laisse penser qu’il s’agit
de Joseph.
[^2]: Du Teil.
[^3]: Yolande Martine Gabrielle de Polastron, épouse du duc Jules de
Polignac (1749-1793), favorite de la reine Marie-Antoinette,
gouvernante des enfants de France.
[^4]: Jules et Gabrielle de Polignac ont pu émigrer sans encombre.
[^5]: <span></span>Charles Philippe, comte d’<b>Artois</b>, (1757-1836), frère cadet
de Louis XVI, il quitte la France la nuit du 16 au 17 juillet 1789
[^6]: Il a émigré dans la nuit du 16 au 17 juillet.
[^7]: Jacques Necker (1732-1804), directeur général du Trésor royal
(1776), directeur général des Finances (1771-1781 et 1788-1790),
ministre d’Etat (1788).
[^8]: Expédition autographe, Archives nationales, 400 AP 137.</body> |
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