CG1-0021.md

identifiantCG1-0021.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1788/08/29 00:00
titreNapoléon à Joseph Fesch
texte en markdown<body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG1</i> - 21. - </b>À Joseph Fesch[^1]</h1><p style="margin-top: 0cm"><br/> </p><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">[Auxonne], 29 août 1788</h2><p style="margin-top: 0cm"><br/> </p><p style="margin-top: 0cm">Le triste état de la famille m’a affligé, d’autant plus que je n’y vois pas de remède. Vous vous êtes abusé en espérant que je pouvais trouver ici de l’argent à emprunter. Auxonne est une très petite ville et j’y suis d’ailleurs depuis trop peu de temps pour pouvoir y avoir de connaissances sérieuses ; ainsi du moment que vous n’espérez pas dans votre vigne, je n’y pense plus et il faut abandonner cette idée du voyage de Paris. Si nous avions été à Paris, vous auriez mal fait de mener avec vous Isoard[^2], il n’aurait pu que nous embarrasser. Le bouleversement inattendu opéré dans le ministère[^3] portera sans doute encore<i><b> </b></i>du retard dans la solution de cette trop désirée affaire[^4]. Je viens cependant d’en [avoir]. Vous saurez que je viens de recevoir réponse de M. Gautier[^5], il me dit qu’il reconnaît que Joseph a des titres particuliers pour obtenir une place dans les tribunaux[^6] et qu’il saisira<i><b> </b></i>la circonstance avec plaisir. Que pour le moment des personnes proposées depuis plusieurs années empêcheront qu’il ne soit placé mais qu’il fera son possible pour hâter son tour…</p><p style="margin-top: 0cm">Si vous m’aviez détaillé les circonstances du voyage de Benielli[^7] en Italie vous m’auriez fait plaisir. Qu’est devenu l’abbé ? Qu’est devenu le bonnet du docteur ? </p><p style="margin-top: 0cm">J’étais sur le point de faire passer au libraire l’ouvrage dont je vous entretins mais le fâcheux contretemps de la disgrâce de Monseigneur l’archevêque de Sens[^8] arrivé avant-hier<i><b> </b></i>m’oblige à des changements considérables. Il est possible même que j’attende les États généraux[^9]. Écrivez à votre ami qui est à Pise, demandez-lui l’adresse, c’[est] à d[dire] la rue où reste Paoli à Londres[^10]. Ne manquez pas cette commission dans l’énoncé de la présentation des députés à la Cour. Les gazettes ont mis le comte Paul [Paoli][^11], serait-il devenu Comte[^12] ?</p><p style="margin-top: 0cm">Vous me ferez plaisir de me donner des nouvelles d’Aix, soit du parlement ou de tout ce qui est digne d’attention. Je vous apprendrais une vieille nouvelle si je vous disais<i><b> </b></i>que M[onsieur] Necker[^13] a été nommé secrétaire d’État… </p><p style="margin-top: 0cm">Donnez-moi des nouvelles de la famille, que dit-on de l’affaire de M[onseigneur] Beaumanoir, comment s’est-elle terminée ?</p><p style="margin-top: 0cm">Je vous accuse d’exagération en médisance que la Sposata[^14] ne produira que douze mezzini.</p><p style="margin-top: 0cm">Je suis indisposé. Les grands travaux que j’ai dirigés ces jours derniers en sont cause. Vous saurez mon cher oncle que le général[^15] d’ici m’a pris en grande considération au point de me charger de construire au polygone[^16] plusieurs ouvrages qui exigeaient des grands calculs, et pendant 10 jours, matins et soirs, à la tête de 200 hommes, j’ai été occupé. Cette marque inouïe de faveur a un peu irrité contre moi les capitaines qui prétendent que c’est leur faire tort que de charger un lieutenant d’une besogne si essentielle et que lorsqu’il y a plus de 30 travailleurs, il doit y avoir un d’eux. Mes camarades aussi montrent un peu de jalousie mais tout cela se dissipe. Ce qui m’inquiète plus, c’est ma santé qui ne me parait<i><b> </b></i>pas trop bonne. Adieu. Dit[es] bien des choses à Isoard et donnez-moi communications des nouvelles que vous aurez de la famille sur notre projet.[^17]</p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal"><br/> <br/> </h3><p style="margin-top: 0cm"><br/> </p><p style="margin-top: 0cm"><br/> </p><p style="margin-top: 0cm; "> <br/> </p> [^1]: Adresse : « À monsieur l’abbé Fesch, archidiacre de la cathédrale d’Ajaccio à Aix, collège de Bourbon ». [^2]: Joachim Jean Xavier d’Isoard (1766-1839), élève au séminaire d’Aix où Fesch et Lucien étudient également. [^3]: Loménie de Brienne est renvoyé et Necker rappelé le 26 août. [^4]: Toujours l’affaire de la pépinière (voir n° 9 et suivants). [^5]: Jean-Baptiste Séraphin Gautier, ancien correcteur à la chambre des comptes à Paris, il devient premier président du Conseil supérieur de la Corse, le 8 juillet 1783. [^6]: Joseph est, depuis le 17 mai 1788, avocat au Conseil supérieur à Bastia. Napoléon paraît souhaiter pour lui une meilleure place. [^7]: Les Benielli sont réputés apparentés, mais de manière assez éloignée, aux Bonaparte. [^8]: Loménie de Brienne est archevêque de Sens depuis janvier 1788. [^9]: <span></span>Les états généraux ont été convoqués pour le 1<sup>er</sup>mai 1789. [^10]: <span></span><span lang="en-GB"> </span>Pascal Paoli réside dans Old Bond Street. [^11]: <span></span><a class="sdfootnotesym" href="#sdfootnote139anc" name="sdfootnote139sym">0</a><span lang="it-IT">Pascal Philippe Antoine Paoli (1725-1807), leader corse.</span> [^12]: Les gazettes donnent en effet à Paoli le titre de comte, ce qu’il n’est pas. [^13]: Jacques Necker (1732-1804), directeur général du Trésor royal (1776), directeur général des Finances (1771-1781 et 1788-1790), ministre d’Etat (1788). [^14]: Propriété ajaccienne. [^15]: Le général du Teil commande l’école d’artillerie d’Auxonne depuis 1779. [^16]: Champ de tir où s’entraînaient les artilleurs. [^17]: <span></span>Expédition d’après photographie reproduite dans Arthur Chuquet,<i>La jeunesse de Napoléon, Brienne</i>, Armand Colin et C<sup>ie</sup>, 1898, t. 1, p. 302.</body>
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