| identifiant | CG1-0019.md |
|---|---|
| fait partie de | correspondance |
| est validé | oui |
| date | 1788/04/12 00:00 |
| titre | Napoléon à la Guillaumye, intendant de Corse |
| texte en markdown | <body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG1</i> - 19. - </b>À La Guillaumye[^1], intendant de Corse</h1><p style="margin-top: 0cm"><br/> </p><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Ajaccio, 12 avril 1788</h2><p style="margin-top: 0cm"><br/> </p><p style="margin-top: 0cm">Par la lettre du 12 novembre 1787 que vous me fît l’honneur de m’écrire, vous me disiez que, du moment que j’aurais achevé la livraison de cette année, vous m’auriez fait toucher la valeur de ces arbres : actuellement je viens d’en livrer à différents particuliers, sur les ordonnances que vous leurs aviez données le nombre de 3 600, plus celui de 510 sur des billets particuliers de votre subdélégué. En conséquence du pouvoir qu’il m’a communiqué, en tout 4 110 arbres mûriers[^2]. J’ose donc vous prier d’effectuer la promesse que vous avez eu la bonté de me faire.</p><p style="margin-top: 0cm">J’étais dans le cas de livrer cette année un bien plus grand nombre d’arbres. J’ai toujours attendu que quelqu’un vînt me présenter quelqu’unes de vos ordonnances et c’est avec surprise que je vois, aujourd’hui où la saison ne permet plus pour cette année aucune plantation, que vos ordonnances se sont bornées à un si petit nombre. Je comprends facilement que le manque de cultivateurs ou de demandes en a été la cause, mais il n’en est pas moins vrai que cela me porte grand préjudice, et une année de cultivation de plus que je suis obligé de donner à 5 ou 6 000 arbres me forme un accroissement de dépense de plus d’un sol par arbre.</p><p style="margin-top: 0cm">En vérité, je me trouve singulièrement lésé dans cette entreprise, mais je n’étourdirai pas vos oreilles par de nouvelles plaintes. La bonté dont vous m’avez toujours honoré m’est assez garante de votre impuissance à y remédier. Du moins, j’oserais me flatter que vous contribuerez un peu à me soulager en m’accordant le prix des arbres délivré, ce qui me paraît bien juste, y ayant d’ailleurs été autorisé par le ministre ; ce serait abuser de votre complaisance que de vous exposer les différents torts que j’ai éprouvé dans cette affaire ; j’espère donc dans votre bonté.</p><p style="margin-top: 0cm">Si j’osais renouveler à votre souvenir l’affaire du marais delle Salini[^3], je vous représenterais que le printemps est la saison favorable pour les travaux ou réparation dans cet endroit où l’abondance des eaux s’opposent aux travaux de l’hivers et l’infection de l’air à ceux de l’été.</p><p style="margin-top: 0cm">Je suis avec le plus profond respect, monsieur, votre très humble et très obéissante servante.[^4]</p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Veuve de Buonaparte</h3><p style="margin-top: 0cm"><br/> </p><p style="margin-top: 0cm; "> <br/> </p> [^1]: François Nicolas de la Guillaumye, conseiller du roi honoraire en la cour du Parlement de Paris, il est intendant de justice, police et finances en Corse de mai 1785 à la suppression de cette fonction en décembre 1789. Il quitte la Corse au printemps 1790. [^2]: Voir n° 9 et suivants. [^3]: Le marais des Salines. [^4]: Lettre écrite par Napoléon pour le compte de sa mère, expédition autographe, Archives départementales de la Corse du Sud, 1 C 26.</body> |