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CG1-0016.md| identifiant | CG1-0016.md |
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| fait partie de | correspondance |
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| est validé | oui |
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| titre | Napoléon à la Guillaumye, intendant de Corse |
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| texte en markdown | <body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG1</i> - 16. - </b>À La Guillaumye, intendant de Corse</h1><p style="margin-top: 0cm"><br/>
</p><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">[1787-1788]</h2><p style="margin-top: 0cm"><br/>
</p><p style="margin-top: 0cm">La veuve de Buonaparte a
l’honneur de mettre sous vos yeux l’exposé fidèle de sa triste
situation occasionné par la suppression de la pépinière[^1].
Elle ose espérer de votre justice et de votre bonté que vous y
apporterez un soulagement proportionné. Pour remplir la condition du
contrat de la pépinière, elle fut obligée de faire des avances
très considérables. Par le contrat, elle devait avoir 600 [livres]
par an pour les gages de jardinier-pépiniériste. Cependant depuis
l’époque de la cassation du contrat, elle n’a touché aucun
argent. Elle devait encore toucher 500[livres] pour frais de
cultivation [<i>sic</i>][^2],
et, cependant, depuis le mois de juillet, le contrat que le mari de
la suppliante avait passé avec le Roi avait été dirigé sur ce
point de vue très sage de fournir toujours l’argent nécessaire à
la cultivation des arbres. Ceci fut exécuté jusqu’à la
résiliation de la pépinière, l’on lui accordait 600 livres par
an pour les appointements du jardinier-pépiniériste, plus 600
[livres] pour les frais de la pépinière.</p><p style="margin-top: 0cm">Que Sa Majesté nous ait
aussi privés de l’avance de 600 [livres], cela me paraît conforme
à son arrêt de cassation ; mais qu’Elle ait voulu<i><b> </b></i>ajouter
à cet arrêt affligeant, celui de nous charger absolument des frais
de l’entretien des arbres déjà en pépinière, cela me paraît<i><b>
</b></i>contraire aux idées de justice et de bonté que Mr. de
Calonne a toujours montrées.[^3]</p><p style="margin-top: 0cm">Cela me paraît même
opposé au désire qu’il a montré que nous cultivassions nos
arbres pour pouvoir rembourser les avances qui nous ont été faites
; car, comment pouvoir le faire sans rien devant partir de […][^4]
en Corse que les revenus de familles en général suffisent à peine
à leur entretien.</p><p style="margin-top: 0cm">La pépinière nous a
ruinés à un point étonnant. Lorsque l’on est obligé de
s’endetter pour soutenir une entreprise, les revenus sont en
progression décroissante et cela est notre cas. Nous nous sommes
endettés [depuis à l’époque][^5]
de l’établissement pour faire les dépenses soit d’achat, soit
de transport à la pépinière.</p><p style="margin-top: 0cm">C’est vrai, 6000
[livres] que le Roi avait avancées qu’il faut commencer peut-être
par les payer quand même ; que je n’aurais<i><b> </b></i>dans ma
pépinière que de quoi rembourser ces 6000 [livres], le Roi devrait
tout de même me faire des avances enfin que je puisse du moins
soutenir ma plantation, car quel espoir peut-il avoir pour retirer<i><b>
</b></i>ses avances si ce n’est cela, car cependant d’en faire de
la justice ordonnerait<i><b> </b></i>[il la s…] de ma subsistance
pour un effet que sa manquance<i><b> </b></i>[<i>sic</i>] a produit.</p><p style="margin-top: 0cm">Je suis persuadé que dans
ce cas, le gouvernement préférerait perdre quelque chose, soit pour
pouvoir retirer la plus grande partie de ses avances, soit pour que
les arbres par leur réussite puissent être utiles aux habitants,
soit, enfin, pour pur sentiment de justice naturelle et de son
établissement primitif.</p><p style="margin-top: 0cm">Notre cas cependant,
Monseigneur, se trouve être d’une toute autre simplicité ; le Roi
m’a avancé 5580 [livres] et j’en ai pour 9000 [livres] dans ma
pépinière. Et bien ! j’ose vous demander d’abord 1200
[livres] à titre de 2 ans que j’ai été sans toucher les 600
[livres] accordé par le contrat plus 439 [livres] 10 [sols] pour
pouvoir avoir les fonds nécessaires pour la greffe des arbres. 8790
arbres qu’il nous reste à greffer. Total 1639 [livres] 10 [sols].</p><p style="margin-top: 0cm">Il restera encore assez
d’argent pour pouvoir être à l’abri des [menaces] que les
circonstances produisent toujours.</p><p style="margin-top: 0cm">L’on objectera que nous
avons encore 4 ans de cultivation. Eh bien ! l’on peut nous
donner dans 2 ans le reste qui nous est dû et par cette juste
répartition, l’on nous soulagera au moins des frais de culture. Et
d’ailleurs, vous pourrez sur les indemnités reprendre cette somme
si l’on nous donne aucune indemnité.[^6]</p>
[^1]: <span></span><i>
</i>Sur l’affaire de la pépinière, voir ci-dessus, n° 9.
[^2]: Mot caractéristique des italianismes abondant –mais qui ne
doivent pas étonner, compte tenu de son éducation première- dans
l’ensemble de la correspondance de Napoléon.
[^3]: Contrôleur général des Finances jusqu’en avril 1787.
[^4]: Illisible.
[^5]: Mots biffés.
[^6]: Brouillon autographe probablement incomplet, Archives nationales,
400 AP 137.</body> |
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