CG1-0012.md

identifiantCG1-0012.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1787/11/09 00:00
titreNapoléon à Destinataire non identifié
texte en markdown<body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG1</i> - 12. - </b>Destinataire non identifié</h1><p style="margin-top: 0cm"><br/> </p><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Paris, 9 novembre 1787</h2><p style="margin-top: 0cm"><br/> </p><p style="margin-top: 0cm">Monsieur,</p><p style="margin-top: 0cm">J’ose me flatter que vous participerez à l’événement qui vient de m’arriver et qui est d’autant plus fâcheux qu’il était<i><b> </b></i>plus inattendu[^1].</p><p style="margin-top: 0cm">J’avais permission de rester chez moi[^2] jusqu’au mois de mai prochain. J’ai anticipé sur mon congé et j’ai quitté ma famille pour pouvoir solliciter à Paris la décision de l’affaire de la pépinière[^3] pour laquelle vous avez daigné vous intéresser.</p><p style="margin-top: 0cm">M. l’Archevêque de Toulouse[^4] m’avait honoré d’une lettre de recommandation auprès de Mr. le Contrôleur général[^5], de sorte que je ne pouvais guère douter du succès, quand en cherchant dans les cartons, l’on n’a rien trouvé de relatif à cette affaire ; je me suis transporté au Contrôle général et, en feuilletant dans l’enregistrement, je n’ai rien trouvé qui puisse indiquer que les pièces relatives à cette affaire soient parvenues.</p><p style="margin-top: 0cm">Vos intentions me sont trop connues pour pouvoir douter que cela ne soit arrivé que par l’événement de la mort de M. Rousseaux[^6].</p><p style="margin-top: 0cm">M. le Contrôleur général, touché du tort que ce retardement nous cause, vous a rendu la liberté de nous accorder les avances que nous sollicitions cet hiver, que votre bonté voulait nous accorder, mais qu’une lettre trouvée de M. le Contrôleur général vous a empêché de réaliser ; vous recevrez la lettre du ministre [à] la poste suivante et j’aurai l’honneur de vous adresser un mémoire relatif.</p><p style="margin-top: 0cm">Monsieur le comte de Brienne a accueilli favorablement ma demande pour la nomination de mon frère Lucciano au séminaire d’Aix[^7].</p><p style="margin-top: 0cm">J’ose toujours me flatter, monsieur, que vous daignerez honorer de votre protection une famille qui par son attachement, de sa reconnaissance des bontés que vous avez bien voulue lui témoigner, se flatte de la mériter.</p><p style="margin-top: 0cm">Le mémoire de monsieur de Calonne[^8] a fait le plus grand bruit et lui a gagné beaucoup de partisans. Les bruits de guerre sont cessés. L’on ne parle que de paix et de réforme. L’on évalue à huit à dix mille âmes la dépopulation que doit occasionner dans Versailles la réforme[^9] soit dans la maison du Roi, Reine, etc., bureaux, etc. L’on se plaint que le commerce ne va pas par raison du traité de commerce avec l’Angleterre[^10]. </p><p style="margin-top: 0cm">Je suis avec le plus profond respect, monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur[^11]. </p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Buonaparte</h3><p style="text-align: right; margin-top: 0cm">Officier d’artillerie</p><p style="margin-top: 0cm; "> <br/> </p> [^1]: Bonaparte venait d’être rappelé à son régiment, or il souhaitait rester à Paris pour régler les affaires familiales. Il donne son adresse sur cette lettre : hôtel de Cherbourg, rue du Four Saint-Honoré. [^2]: En Corse. [^3]: Voir ci-dessus, n° 9, 10 et 11. [^4]: Loménie de Brienne. [^5]: Calonne. À la date de cette lettre, Loménie de Brienne est contrôleur général des Finances depuis sept mois, ce que Bonaparte n’ignore pas. [^6]: Rousseaux, agent du contrôle général des Finances en 1787. [^7]: Lucien n’avait toujours pas reçu de réponse à sa demande de bourse pour le séminaire (voir ci-dessus, n° 9) [^8]: Charles Alexandre de Calonne (1734-1802), intendant à Metz puis à Lille, il se fait connaître en attaquant le fameux Compte rendu remis par Necker à Louis XVI en 1781. Il remplace son adversaire comme contrôleur général des Finances de 1783 à 1787. [^9]: Loménie de Brienne tente d’imposer des économies, notamment dans les dépenses de la cour. [^10]: Traité de libre-échange conclu avec la France en février 1786. [^11]: Expédition autographe, Archives nationales, 400 AP 1.</body>