| identifiant | CG1-0009.md |
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| fait partie de | correspondance |
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| est validé | oui |
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| date | 1786/11/19 00:00 |
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| titre | Napoléon à la Guillaumye, intendant de Corse |
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| texte en markdown | <body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG1</i> - 9. - </b>À La Guillaumye, intendant de Corse[^1]</h1><p style="margin-top: 0cm"><br/>
</p><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">[Ajaccio], 19 novembre 1786</h2><p style="margin-top: 0cm"><br/>
</p><p style="margin-top: 0cm">Monsieur, il a plu à
votre bonté et à votre justice de me délivrer votre ordonnance
pour l’estimation des dommages de la pépinière[^2]
; cependant il m’a été impossible de la faire mettre en exécution
vu l’absence de monsieur Joseph Colonna de Bozi[^3]
qui est à Bastia et y sera probablement encore longtemps, pour ses
affaires particulières. J’ose donc vous supplier d’en faire
choix d’un qui puisse y assister actuellement.</p><p style="margin-top: 0cm">Touché de ce que nous
avons été un an sans recevoir aucun argent pour l’entretien de la
pépinière il vous a plu de nous promettre une ordonnance de six
cents livre 600 livres[^4].
J’espère qu’aujourd’hui où je suis obligé à de nouvelles
dépenses pour la délivraison [<i>sic</i>] et pour la parer des
insultes des pluies excessives qu’il fait cette année, j’espère
digne de votre bonté qui vous a porté à consoler les malheurs dont
j’ai été accablé dans peu de temps que vous consentirez que
monsieur de Beaumanoir[^5]
touche cet argent.</p><p style="margin-top: 0cm">Pardonnez à ma nombreuse
famille mon importunité, j’ai la hardiesse de vous solliciter pour
mon fils qui est à Aix. L’espérance que vous me donnâtes
conjointement avec feu monsieur de Marbeuf[^6],
fils que je le plaçais au collège il y a un an et cependant je
n’entends pas encore parler de sa réception[^7].</p><p style="margin-top: 0cm">J’ai quelques regrets,
monsieur, que vous ne fussiez pas à Ajaccio pour voir l’état du
marais des Salines dans bien des endroits il y a jusqu’à 4 pieds
d’eaux. Jugez donc vous-même si l’exhalaison de quatre-vingt
mille toises cubes 80 000 d’eaux ne doit pas nuire dans un climat
de la chaleur du nôtre.</p><p style="margin-top: 0cm">Adieu, monsieur, puisse
l’intérêt que vous avez bien voulut prendre à ma nombreuse
famille ne pas se démentir car quoiqu’elle n’ait pas le bonheur
de vous connaître depuis longtemps vous êtes cependant la seule
personne dans la justice et la bonté [de laquelle] elle ose espérer.</p><p style="margin-top: 0cm">Je suis, monsieur, avec le
plus profond respect, votre très humble et très obéissante
servante[^8]</p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Veuve Buonaparte</h3><p style="margin-top: 0cm"><br/>
</p>
[^1]: François Nicolas de la Guillaumye, conseiller du roi honoraire en
la cour du Parlement de Paris, il est intendant de justice, police
et finances en Corse de mai 1785 à la suppression de cette fonction
en décembre 1789. Il quitte la Corse au printemps 1790. Cette
lettre est la première d’une longue série rédigée par Napoléon
et signée par sa mère ou rédigée et signée par Napoléon au nom
de sa mère.
[^2]: Charles Bonaparte avait obtenu le 19 juin 1782 la concession de la
pépinière d’Ajaccio sur des terrains que son ancêtre Gieronimo
Bonaparte avait reçu en concession. Grâce à un crédit royal de 5
500 livres (remboursable sans intérêts dans les dix ans), il avait
planté des mûriers sur ces terres marécageuses des Salines, tout
en engageant des frais pour les assainir. Trois autres pépinières
avaient été établies, à Arena (par Saint-Marc), à Calvi (par
Giubega) et, en même temps que celle d’Ajaccio (par Bonaparte), à
Porto-Vecchio (par Cesari Rocca). Mais, dès les états de Corse de
1785, l’administration avait proposé la rupture des contrats
Bonaparte et Cesari Rocca au motif que ceux-ci n’avaient pas
respecté leurs obligations de plantation et d’entretien des
arbres. Les contrats avaient été rompus par une décision de
l’intendant du 7 mai 1786. Les Bonaparte se retrouvaient
lourdement endettés par les remboursements à effectuer, mais aussi
par le difficile écoulement de la production de la pépinière à
écouler.
[^3]: <span></span>Colonna de François est un des deux experts chargés par
l’intendant de Corse par une lettre du 6 août 1786 de venir
estimer les dommages subis par la famille Bonaparte (une première
visite a eu lieu, avec Joseph Bonaparte, le 5 janvier 1786).
L’expertise n’a pas eu lieu d’où la lettre de Napoléon
réclamant la nomination de nouveaux experts. Il obtient le 20
décembre. En marge de la lettre, l’intendant (ou la personne qui
a traité le courrier) écrit : "M. Colonna du François,
je vous serai obligé M. de m’indiquer la personne qui pourrait
vous suppléer à Ajaccio dans l’estimation à faire des
indemnités prétendues par M<sup>me</sup>Buonaparte <…>
beaucoup voir finir cette affaire [je ne serai pas fâché que vous
agissiez par vous-même]». Une visite, par Marc Ariotto Luigi de
Benielli, représentant l’intendant, et Giovan Gieronimo Lévie,
représentant la veuve Bonaparte, aura lieu 16 janvier 1787.
[^4]: On possède un mandat sur la Caisse des états de Corse de 187
livres 6 sols, en date du 6 janvier 1786. Il couvre le troisième
trimestre de 1785 (Archives Départementales de Corse-du-Sud, 1 C
26).
[^5]: Philibert du Rosel de Beaumanoir, maréchal de camp stationné en
Corse et résidant à Ajaccio, bras droit de Marboeuf en Corse.
[^6]: Louis Charles René Marbeuf (1712-1786), commandant en chef des
troupes françaises en Corse de 1772 à 1786, protecteur de la
famille Bonaparte.
[^7]: Lucien a intégré le séminaire d’Aix au mois d’octobre 1786
comme simple postulant. Or la famille avait fait une demande pour
qu’il soit reçu en tant que boursier et n’a toujours pas reçu
de réponse. Finalement Lucien n’obtint pas cette bourse.
[^8]: Expédition autographe, Archives départementales de la Corse du
Sud, 1 C 26.</body> |
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