CG1-0004.md

identifiantCG1-0004.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1785/03/28 00:00
titreNapoléon à l’archidiacre Lucien Bonaparte
texte en markdown<body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG1</i> - 4. - </b>À l’archidiacre Lucien Bonaparte[^1]</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Paris, 28 mars 1785[^2]</h2><p style="margin-top: 0cm">Mon cher oncle, il serait inutile de vous exprimer combien j’ai été sensible au malheur qu’il vient de nous arriver[^3]. Nous avons perdu en lui un père et Dieu sait quel était<i><b> </b></i>ce père, sa tendresse, son attachement Hélas ! Tous nous désignons en lui le soutien de notre jeunesse ; vous avez perdu en lui un neveu obéissant, reconnaissant… Ha ! Mieux que moi vous sentez combien il vous aimait. La patrie, j’ose même le dire, a perdu, par sa mort, un citoyen zélé, éclairé et désintéressez. Cette dignité dont il a été plusieurs fois honoré, marque assez la confiance qu’avaient en lui ses concitoyens. Et cependant, le ciel l’a fait mourir en quel endroit ? À cent lieues de son pays, dans une contrée étrangère indifférente à son existence, éloignée de ce qu’il avait de plus précieux. Un fils, il est vrai, l’a assisté dans ce moment terrible[^4]. Ce dû être pour lui une consolation bien grande ; mais certainement pas comparable à la triste joie qu’il aurait<i><b> </b></i>éprouvée<i><b> </b></i>s’il avait terminé sa carrière dans sa maison au milieu de son épouse et de toute la famille. Mais l’Etre Suprême ne l’a pas ainsi permis ; sa volonté est immuable, lui seul peut nous consoler. Hélas ! Du moins, s’il nous a privé de ce que nous avions de plus cher, il nous a encore laissé les personnes qui seules peuvent le remplacer. Daignez donc nous tenir lieu du père que nous avons perdu[^5]. Notre attachement, notre reconnaissance sera proportionnelle à un service si grand. Je finis en vous souhaitant une santé semblable à la mienne.</p><p style="margin-top: 0cm"><br/> </p><p style="margin-top: 0cm">Votre très humble et très obéissant serviteur et neveu,[^6]</p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Napoleone di Buonaparte</h3><p style="text-align: right; margin-top: 0cm"><br/> </p><p style="margin-top: 0cm"><br/> </p> [^1]: Archidiacre d’Ajaccio, grand-oncle paternel de Napoléon, il s’occupe des affaires de la famille. [^2]: On donne habituellement le 23 mars comme date de cette lettre. La date du 28 figure clairement en tête fac-similé de l’original conservé dans le fonds Napoléon des Archives nationales. [^3]: Le mort de Charles Bonaparte. [^4]: Joseph était présent à Montpellier le 24 février 1785, quand son père y mourut. [^5]: L’archidiacre sera tuteur et curateur des fils mineurs de Charles Bonaparte. [^6]: Fac-similé d’expédition autographe, Archives nationales, 400 AP 137.</body>