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CS_Hinard_29.md| identifiant | CS_Hinard_29.md |
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| fait partie de | lettres_soldats |
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| est validé | oui |
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| date | 1805/01/26 00:00 |
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| titre | Caporal François Hinard à son épouse Rosalie Passelais |
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| texte en markdown | <body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CS-HINARD</i> - 29 - </b>Caporal François Hinard à son épouse Rosalie Passelais</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal"> Granville, le vendredi 6 pluviôse an XIII [26 janvier 1805][^1]</h2> <p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Chère Rosalie, j’étais sur le point de partir avec l’ami qui te porte ma lettre, lorsqu’un ordre est venu pour faire partir notre canonnière. Rien ne m’a tant surpris lorsqu’il existe un vent contraire, mais ne pouvant connaître l’intention des chefs, je ne puis me rapprocher de toi ce jourd’hui. Si le hasard me favorise assez pour qu’elle ne parte pas ou qu’il y ait des ordres contraires, je jouirai du plaisir de partager ton lit demain, mais si le malheur m’éloigne de toi aussi vite, crois que je n’oublierai pas la promesse que je t’ai faite et que mon éloignement n’altèrera jamais l’estime et l’amitié, et la tendresse que tu m’as toujours inspirée et que mon départ ne fait qu’augmenter. Embrasse mes chers enfants pour moi, ta mère, la mienne, que je t’invite à partager la perte de leurs amis. Si j’ai le bonheur de relâcher à Diélette ou à Cherbourg, tu peux compter me revoir aussitôt mon arrivée. </p>
<p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Ma lettre m’est pénible, et je ne puis ajouter foi aux discours qu’il y a de partir, quoique l’ordre soit donné, mais espère toujours après mon arrivée si nous ne partons point aujourd’hui, ce que je ne puis penser. </p>
<p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Celui qui est avec le plus vif regret de n’être à jamais près de toi. Ton sensible époux,</p>
<p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Ton fidèle époux,</p>
<h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Hinard</h3><p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"><br/>
</p>
<p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> J’espère encore, à demain.[^2]</p>
[^1]: La précédente lettre en notre possession est datée du 29 juillet 1804. Il est tout à fait improbable de penser qu’il s’est écoulé six mois sans échange épistolaire, d’autant que rien dans le présent billet ne suggère cette idée. Il faut donc supposer qu’un nombre indéterminé de lettres n’est jamais arrivé à Coutances ou s’est perdu par la suite.
[^2]: Collection Martin Jaillet.</body> |
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