CS_Hinard_31.md

identifiantCS_Hinard_31.md
fait partie delettres_soldats
est validéoui
date1805/03/23 00:00
titreCaporal François Hinard à son épouse Rosalie Passelais
texte en markdown<body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CS-HINARD</i> - 31- </b> Caporal François Hinard à son épouse Rosalie Passelais</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal"> Le Havre, le 2 germinal an XIII [23 mars 1805]</h2> <p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Ma chère Rosalie, j’étais dans la plus vive inquiétude de ne point recevoir de tes nouvelles quand je reçus ta lettre qui m’en apprenait les motifs. Elle m’a on ne peut plus satisfait en sachant que tu te portes mieux que tu n’avais fait depuis mon départ, ainsi que nos mères et nos chers enfants ; pour moi, je me porte assez passablement, mais les discours qu’on tient sur notre navigation sont loin de me plaire, car déjà l’on nous a débarqués de sur notre canonnière et nous sommes à bord d’une autre, et voilà huit jours que nous sommes en rade au nombre de 16 pour préserver le Havre contre le bombardement de l’Anglais qui y est mouillé depuis quinze jours. Nous n’avons eu encore aucune affaire avec lui. Trois canonnières et dix bateaux plats sont dans le port qui sont pour convoyer des bâtiments de transport à Boulogne, et qui n’attendent que les bons vents pour partir, et hier le capitaine de notre capitaine [sic] nous dit qu’il croyait qu’il allait faire partie des canonnières pour convoyer. Je me verrai donc privé du plaisir d’aller te voir cet été, mais comme chaque jour on fait de nouvelles gazettes, je n’y ajoute pas foi. Je viens de recevoir une lettre de mon capitaine qui est chez lui pour s’informer de ce qu’il y a de nouveau pour nous. Je lui écris aujourd’hui, et je désire bien qu’il soit ici pour toucher quelque argent, car sans celui de notre cidre que nous vendons, nous n’aurions pas eu de quoi faire blanchir notre linge et j’aspire au plaisir de réaliser ma promesse à toi et à nos enfants. Je suis bien content que Séraphin prenne l’école à cœur. Cette chose ne fera qu’augmenter l’envie que j’ai de lui envoyer une casquette. </p> <p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Si nous avons le bonheur d’être des canonnières qui restent ici malgré tout le mal qu’on y a, étant obligés de faire la grande bordée, les nuits étant encore froides, et exposés tous les jours à se battre, je jouirai du plaisir d’aller te voir, et me promener à l’assemblée de Bricqueville. Je ne puis t’en dire davantage, ne sachant aucune nouvelle ; fais-moi part de tout ce qui peut t’intéresser, et des nouvelles du pays, et du résultat du dernier tirage des conscrits. Ce sera avec le plus grand plaisir que j’aurai de recevoir tes lettres, et n’oublie pas à m’écrire tous les quinze jours. Embrasse nos mères, frères et sœurs, pour moi, ainsi que Passelais, son épouse et Jules, Victor et son épouse, et reçois ainsi que nos enfants mille et mille baisers. </p> <p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Ton fidèle et sincère époux pour la vie </p> <h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">D. Hinard</h3><p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"><br/> </p> <p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Mon adresse : M. Hinard, Fourrier à la 10<sup>e</sup> Compagnie du 40<sup>e</sup> régiment, à bord de la canonnière de 1<sup>re</sup> espèce n° 285 en station sur la rade du Havre, ou à la suite pour Boulogne. Au Havre.[^1]</p> [^1]: Collection Martin Jaillet.</body>