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CS_Hinard_19.md| identifiant | CS_Hinard_19.md |
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| fait partie de | lettres_soldats |
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| est validé | oui |
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| date | 1804/01/13 00:00 |
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| titre | Caporal François Hinard à son épouse Rosalie Passelais |
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| texte en markdown | <body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CS-HINARD</i> - 19 - </b>Caporal François Hinard à son épouse Rosalie Passelais</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Nantes, le 22 nivôse an XII, [13 janvier 1804]</h2> <p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Ma chère Rosalie, je m’étais promis par ma dernière lettre de t’envoyer un louis le lendemain du jour de l’an. J’aurais réalisé ma promesse si j’eus sorti d’hôpital comme je l’espérais, mais je n’ai pu sortir sous aucun prétexte. Je croyais donc sortir la semaine en suivant pensant être guéri, mais il m’est survenu des dépôts de ma gale, ce qui fait que j’y suis encore. Néanmoins, elle fut bien ralentie et je purge demain, et compte sortir au commencement de la semaine, ce qui fera que je pourrai t’envoyer l’argent. Je n’ai pu savoir en rien si tu ne m’as point fait de réponse, n’ayant vu personne de la compagnie qui ait pu me dire si le major n’en avait point touché. J’aspire bien à sortir pour apprendre de tes nouvelles et pouvoir t’en donner des miennes, depuis deux mois que je n’ai écrit qu’une lettre. Je t’enverrai les oiseaux et les étrennes à Séraphin en attendant le plaisir de te donner les tiennes. Au moment où je suis à t’écrire, un fourrier de mes amis vient me voir, il ne m’apporte aucune lettre de toi, mon sergent-major n’en ayant point reçu, ce qui me donne bien de l’inquiétude. Il me dit pour nouvelles que nous ne partirons qu’au commencement de février, les bateaux plats n’étant point finis ; il me dit aussi qu’il y a quatre conscrits désertés de condamnés à mort, mais il ne se rappelle pas des noms. Ainsi si nous partons à la fin du mois, j’espère te voir sous deux ou plus, je n’ai revu ni entendu parler d’aucun Coutançais qui soient encore à Nantes. Si j’ai éprouvé du mal de ma gale, il n’est pas semblable à la peine que j’ai éprouvée de ne pouvoir sortir d’hôpital pour exécuter une promesse que mon cœur n’a pu faire plus tôt et que j’aspire avec le plus grand plaisir. Rien de nouveau, ne pouvant en savoir : j’ai rencontré à l’hôpital un jeune homme de Coutances qui était parti dans la conscription de l’an 8, un nommé Boudier qui a demeuré dans les Tournées de Saint-Nicolas[^1] , ce qui m’a désennuyé un peu, n’y connaissant personne. On a donné des capotes à tous les militaires et le major vient de m’envoyer la mienne par le fourrier ; elle me sera d’un grand service. Je finis ma lettre en attendant le plaisir de t’en écrire plus long dans quelques jours. Embrasse nos mères, frères et sœurs, cousins, cousines, et mon cher Séraphin et Paul, sans oublier la plus chérie des épouses que j’embrasse mille fois. Ma lettre est mal écrite mais le fourrier est pressé et il y a loin de l’hôpital à la ville. Je lui paye le port, marque-le moi.</p>
<p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Ton fidèle époux,[^2]</p>
<h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Hinard</h3><p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"><br/>
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[^1]: Rue des Tournées-Saint-Nicolas, petite voie de Coutances.
[^2]: Collection Martin Jaillet.</body> |
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