CS_Hinard_11.md

identifiantCS_Hinard_11.md
fait partie delettres_soldats
est validéoui
date1803/07/14 00:00
titreCaporal François Hinard à son épouse Rosalie Passelais
texte en markdown<body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CS-HINARD</i> - 11 - </b> Caporal François Hinard à son épouse Rosalie Passelais</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Quélern, le 25 messidor l’an XI [14 juillet 1803]</h2> <p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Ma chère Rosalie, avec quel plaisir et satisfaction j’ai appris cet après-midi, par la lettre de notre cousine Passelais, ton accouchement assez heureux malgré les peines longues et rudes que tu as éprouvées[^1]. Me voilà tiré déjà d’une grande inquiétude à cet égard, malgré celle que j’éprouve des suites de ton accouchement, Dieu veuille qu’elles soient heureuses ! Nous avons donc encore un second fils, un Paul, ce seul nom me rappelle les doux moments où, ensemble, nous cherchions à devancer le nom qui lui serait donné, et ce qui me fait croire que tu as été consultée. Puisse donc, chère épouse, cet enfant être pour nous un sujet de joie et de consolation dans les peines que nous fait éprouver notre séparation. Une fille, ma bonne amie, aurait fait ta satisfaction, mais j’aime à croire que toutes ces sortes de désirs ne signifient rien, lors qu’en mariage on est pour avoir ce que Dieu veut. J’attends avec impatience de tes nouvelles, et de ta main, où tu me feras de plus longs détails ; puisse être bientôt ?</p> <p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Et ce sera une preuve de ton rétablissement. Je ne sais qui a nommé avec notre cousine, car elle ne m’en dit rien, et je n’ai point reçu de réponse de ma lettre de Passelais Desnoyers. J’apprends ainsi que notre petit est parti est en nourrice, j’en suis charmé puisque c’est une peine d'épargnée pour toi, étant déjà chargée d’un premier. Notre cousine me fait quelques remontrances à ce sujet et pour diverses choses : je les reçois avec plaisir et mon cœur fut toujours et est encore d’accord avec elle. Non on n’est plus jeune, ou du moins on ne doit point l’être ; aussi m’en aperçois-je bien, et y songeais-je bien, et quand jusqu’à ce moment l’impossible a toujours été pour moi, mon cœur n’en était pas moins généreux, en témoignant à ma Rosalie la douleur que j’avais de ne pouvoir venir à son secours, n’ayant rien à ma disposition, et ayant moi-même également des besoins. Elle paraît douter, notre cousine, me dit-elle par sa lettre, que le quartier-maître ait été aussi injuste à mon égard de ne m’avoir rien donné : rien de plus vrai et à la connaissance de quelques sergents majors qui m’en ont plaisanté et auxquels il a fait demeure. Mais malgré cela je lui dois de la reconnaissance, puisqu’il m'a procuré les moyens d’être tranquille et d’avoir un petit bénéfice dans la place que j’ai, et que j’aurai le plaisir d’offrir, quoique modique, à ma chère Rosalie. Par ma dernière lettre je t’avais fait part de la peine qu’avait éprouvée le citoyen Le Provost quartier-maître à l’égard de l’inspecteur : les suites en sont pour lui fâcheuses, car il est destitué et remplacé et qu’il s’en retourne à Saint-Lô dans les vétérans. Ainsi ma bonne amie, j’ai été encore assez heureux d’avoir été reçu avant sa destitution, et par la suite tu auras des preuves du petit grade que j’occupe. J’attends sous peu de jours de tes nouvelles qui me feront certainement part de ta santé et de ton rétablissement. Je te récrirai de suite et tu me marqueras si tu as été voir notre petit s’il est bien, et ce que Séraphin dit, s’il se porte bien. Remercie notre tante pour moi de la peine qu’elle a pris auprès de toi, ainsi que nos mères et nos cousines que tu embrasseras pour moi ; mes compliments à Louison Duclos, à qui je souhaite une bonne santé, ainsi qu’à nos frères et sœurs. </p> <p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Embrasse Passelais pour moi, Jules et Séraphin.</p> <p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Reçois de ton fidèle époux et de celui qui ne pense qu’à toi les baisers les plus tendres, que ne puis-je le réaliser... C’est ce que j’aspire.</p> <h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Hinard</h3><p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"><br/> </p> <p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Fais mes compliments à Victor, et marque-moi comment Victoire se porte.</p> <p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Rien de nouveau sur notre changement pour le moment : le jour même de ta peine, j’étais sous les armes, il est venu devant notre fort 12 vaisseaux et frégates anglaises, nous leur avons lancé sept bombes et huit coups de canon. Ils sont stationnés devant le fort, mais Dieu merci nous ne les craignons pas, il y a dans le fort 143 pièces de canon et 22 mortiers, mais souvent nous ne dormons tranquilles : ils veulent faire des descentes à terre pour enlever des bateaux plats qui sont mouillés tout proche.[^2]</p> [^1]: Paul est né le 09 juillet à Coutances (A.D. Manche, Coutances, 21 messidor an XI, 5 Mi 1079). [^2]: Collection Martin Jaillet.</body>