CS_Hinard_09.md

identifiantCS_Hinard_09.md
fait partie delettres_soldats
est validéoui
date1803/06/13 00:00
titreFrançois Hinard à son épouse Rosalie Passelais
texte en markdown<body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CS-HINARD</i> - 9 - </b> François Hinard à son épouse Rosalie Passelais</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal"> Au fort de Quélern[^1], le 24 prairial an XI [13 juin 1803]</h2> <p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Ma chère Rosalie, j’ai reçu ta lettre ce matin qui m’a fait bien plaisir, après huit jours que je suis parti de Brest. Elle m’apprend que tu es en bonne santé, ainsi que notre petit, nos mères et tous nos parents ; pour la mienne, elle est assez bonne. Mais je ne me connais plus de l’ennui que j’éprouve depuis que je suis quitté de Brest, car j’espérais toujours que l’inspecteur étant arrivé aurait opéré notre changement, mais il n’arrive pas, et je m’éloigne encore en mer de cinq lieues, dans un endroit désert, avec tous inconnus en général. N’ayant rien à faire qu’à […] dans ma tête t[…][^2]</p> <p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> […] rien offert, il m’a dit qu’il m’avait payé en me faisant avoir une place, et que c’était ainsi qu’il agissait envers ceux qui travaillaient dans son bureau. Ainsi, vois comme je suis payé bien vite. Il m’est toujours bien doux d’être placé, parce que je te tiendrai sincèrement ce que je t’ai promis, malgré que je sois dans un endroit désert ou je suis obligé de manger à la compagnie. On t’a trompé véritablement en te disant que je m’étais battu avec quelqu’un. Tu peux croire que jamais [je ne me] mettrai en fait de me battre pour […] Mr Quesnel mon […]</p> <p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> […] prompt rétablissement. Quant à toi ma chère Rosalie, je ne cesse de t’engager à la patience, ne te fais point de peine, c’est en ne t’en donnant pas que je serai heureux, songe au jour qui doit nous donner un nouvel enfant, pense que je serai avec toi, quoiqu’éloigné. Oui, de grâce, ne te donne point de mal, tâche de le prendre à gré, tu es au sein de ta famille, ils partageront tes peines. Mais ma chère amie ne me refuse pas une grâce que je vais te demander : que du moment où tu seras accouchée, de me faire écrire tous les jours pendant que tu seras malade ; met les lettres sans affranchir, je les dégagerai, car chaque jour je prendrai la r[…]</p> <p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> […] tous les deux pour moi, marque-moi l’état de la santé […] la pour moi, je ne lui écris pas, car je pense que […] coûterait ou à elle, et dont elle ne peut être méco[…] que je te demande et les mouchoirs, je désire aller les […] tu aies trouvé une nourrice, je me charge de pourvoi[r…] que le mois sera écoulé, je t’enverrai mon épargne. Embr[asse…] […] et sa femme et Jules. Je finis de t’écrire en t’embra[ssant] […].</p> <p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Ton fidèle époux,</p> <h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Hinard</h3><p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"><br/> </p> [^1]: Quélern, hameau sur la presqu’île de Roscanvel, à l’ouest de la rade de Brest. Les lignes de Quélern constituaient le principal complexe défensif du goulot de Brest, construit à l’initiative de Vauban dès la fin du XVII<sup>e</sup> siècle. [^2]: Seul un quart de cette lettre a été conservée. [^3]: Collection Martin Jaillet.</body>