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CS_Hinard_06-3.md| identifiant | CS_Hinard_06-3.md |
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| fait partie de | lettres_soldats |
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| est validé | oui |
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| date | 1803/05/15 00:00 |
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| titre | François Hinard à son épouse Rosalie Passelais |
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| texte en markdown | <body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CS-HINARD</i> - 6 ter - </b> François Hinard à son épouse Rosalie Passelais</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal"> [Brest, 15 mai 1803][^1] </h2> <p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Ma chère Rosalie, par ma dernière lettre, tu as vu les réflexions que j’ai faites à l’égard de Passelais et sa femme pour nommer notre enfant. J’attends ta réponse pour leur récrire comme je te le marque par cette lettre. Tu as vu combien j’étais malheureux d’être éloigné de toi et de ne rien avoir à pouvoir t’envoyer. J’en attribuerai la cause aux propos tenus, et j’avais lieu de croire que c’était cela qui était le seul motif que je ne passais pas en grade. Je te disais par ma petite lettre que je ferais un voyage à Coutances et que je te chercherais une nourrice. L’inspecteur n’arrive pas, et je ne sais quand je pourrai y aller ; ce serait trop tarder d’attendre à l’instant même pour en chercher une, puisque j’ai l’avantage de passer fourrier. Je recevrai 16 francs, 8 sols par mois. Je prendrai la résolution de ne point manger à la chambre afin d’avoir cette somme disponible à moi. Avec mon pain de munition, je ferai tremper de la soupe en ville, m’en coûterait-il 6 francs par mois. Comme les vivres sont très chers, il me resterait 10 francs que je pourrais vertir à ton avantage. C’est pourquoi tu peux chercher une nourrice, je t’enverrai tous les mois sept francs, et même plus si je le puis. Comme il faut que je m’achète poudre, pommade, etc. et me raccommoder et blanchir, et tu sais que trois livres ne vont pas loin…mais je t’assure cette petite somme, sachant combien tu serais à plaindre si tu étais obligée de nourrir deux enfants. D’ailleurs, si le quartier-maître me donne quelque chose, comme je t’ai toujours dit et ce que je trouve surprenant, ce sera pour toi, ô ma chère Rosalie. Quels que puissent être grands mes maux, ou put être, n’ayant rien, je sacrifierais tout pour venir à ton secours. Je serais charmé si tu pouvais m’envoyer deux chemises, et un mouchoir de col d’usure, j’ai deux de mes chemises confondues au blanchissage. Ils font la lessive ici avec du savon qui est en caillou, et j’avais toujours conservé deux chemises voyant qu’on les abîmait de même, de sorte que je n’en ai plus que deux desquelles je ne me suis pas servi et les autres qui sont toutes percées. Quant aux mouchoirs, il y en a deux qui ne valent plus rien. Celui de Louison, je ne puis pas le porter vu qu’il n’est pas d’uniforme ; je l’ai changé à une revendeuse pour une paire de bas, ce dont je manque beaucoup. J’ai été ce matin faire la distribution du pain ; j’en ai eu deux. Je les ai vendus pour t’affranchir cette lettre. Porte-toi bien, ne prends point de peine, vivons sur l’espérance, et pensons toujours à nous.</p>
<h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Hinard</h3><p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"><br/>
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<p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Tu feras un petit ballot des 2 chemises et du mouchoir que tu coudras et tu y mettras mes adresses ; et par la messagerie, j’en payerai le port.[^2] </p>
<p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Tu attendras encore à m’envoyer ce que je te demande.[^3]</p>
[^1]: Lettre non datée. La lettre n° 7, part du principe que la précédente aura été reçue pour le lendemain de l’Ascension, soit le 19 mai. En comptant le délai moyen de poste, de l’ordre de 3 à 4 jours entre Brest et Coutances, cela fixe la date rédaction aux alentours du 15 mai.
[^2]: Phrase biffée.
[^3]: Collection Martin Jaillet.</body> |
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