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CS_Simonet_43.md| identifiant | CS_Simonet_43.md |
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| fait partie de | lettres_soldats |
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| est validé | oui |
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| date | 1813/04/06 00:00 |
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| titre | Sergent Jean-Antoine Simonet à son parrain Jean-Pierre Darlay |
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| texte en markdown | <body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CS-SIMONET</i> - 43 - </b> Sergent Jean-Antoine Simonet à son parrain Jean-Pierre Darlay fils, marchand de bois à Neuvey département de l’Yonne</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal"> Avila, 6 avril 1813</h2> <p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Je viens donc enfin de recevoir de vos nouvelles, ce qui m’a sorti de l’inquiétude que j’avais de ne plus recevoir de nouvelles après sept à huit lettres que je vous ai écrites de différents endroits sans avoir de réponse. Je ne sais à quoi attribuer la faute quoique vous ayez la lettre de Grenade et celle d’Antequera vous devez avoir reçu les autres car ces deux lettres ont été écrites dans la plus [grande] révolution, au moment que toutes les correspondances ont été interceptées par les brigands qui sont les habitants du pays.</p>
<p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Vous me dites que vous avez écrit à monsieur le baron de Schwiter, et qu’il vous a promis de me faire passer votre lettre, je n’ai eu aucune nouvelle de sa part, vous voyez bien par ma lettre que je n’étais point au régiment vu que la lettre qu’il vous a écrite était datée de juin, et moi j’étais à Grenade ou à Malaga ou à Almunécar, dans ces parages à courir après les brigands qui venaient ravager les cannes à sucre et les cotonniers qui sont d’un grand commerce dans le pays et par ce moyen je me trouvais éloigné de plus de 80 lieues de lui.</p>
<p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Je vous vous fais un petit détail de la guerre : je vous dirai que nous venons de quitter les royaumes d’Andalousie et de Grenade, par force nous avons évacué plus de deux cents lieues de terrain, et les affaires vont très mal en Espagne. Le bruit court que nous devons évacuer tout car la misère est bien grande, tout est d’une cherté sans égal : le pain de trois livres a valu six francs, il est mort du monde de la faim plus de 100 mille âmes en Espagne. Je vous prie de me faire savoir les nouvelles du pays et de l’armée de Russie. Je vous prie de me faire passer une centaine de francs, si vous les avez, pour m’habiller car voilà le dix-huitième mois que l’on doit aux troupes.</p>
<p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Monsieur le colonel Schwiter vient de passer général[^1] ce qui me fait bien plaisir car il m’a fait bien du mal, tant pour son avancement que pour ma réforme. Dernièrement j’étais pour partir pour la France et il n’a pas voulu. Le chirurgien m’avait dit que je partirai, mais quand il l’a su que j’étais pour partir, il m’a fait demander chez lui et m’a tenu ces propos : « je te vais faire casser et mettre en prison jusqu’à nouvel ordre pour avoir parlé au docteur ».</p>
<p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Vous me demandez si j’ai reçu les deux louis, je vous le marque dans les lettres que je vous ai écrites, je vous ai dit que je les ai reçus naguère, revenant de l’affaire d’Albaro.</p>
<p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Je finis en vous embrassant de tout mon cœur ainsi que ma marraine vous ne m’en parlez pas dans la lettre que j’ai reçue de vous qui est datée 28 novembre que j’ai reçue le 4 avril. L’adresse est toujours la même.</p>
<h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal"> Simonet, sergent</h3><p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"><br/>
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<p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> J’espère que pour la première lettre que je vous écrirai mon adresse changera.[^2]</p>
[^1]: Henry César Auguste Schwiter (1768-1839) colonel du 55<sup>e</sup> de ligne depuis 1807, a été nommé général le 4 septembre 1812.
[^2]: Expédition, collection privée, copie, Fondation Napoléon.</body> |
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