CS_Simonet_40.md

identifiantCS_Simonet_40.md
fait partie delettres_soldats
est validéoui
date1809/12/08 00:00
titreSergent Jean-Antoine Simonet à son parrain Jean-Pierre Darlay
texte en markdown<body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CS-SIMONET</i> - 40 - </b> Sergent Jean-Antoine Simonet à son parrain Jean-Pierre Darlay fils, marchand de bois à Neuvey département de l’Yonne</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal"> Madrid, le 8 décembre 1809</h2> <p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Mon cher parrain et marraine, je suis bien surpris de ne pas recevoir de vos nouvelles, je ne sais à quoi attribuer, la faute vu que voilà quatre lettres que j’ai écrites, sans avoir aucune réponse de vous, et peut-être que vous imaginez que cela est de ma faute. J’ai cependant fait tout mon possible car voilà plus d’un an que nous sommes en Espagne, je n’ai eu de tranquillité que depuis que nous sommes revenus du Portugal. Je sais fort bien que les routes étaient interceptées par les brigands et que plusieurs courriers ont été égorgés. Peut-être que vous direz que je n’ai pas écrit, mais j’ai écrit deux fois en présence d’officier de Sormery, que c’est lui qui a mis les lettres à la poste et une autre que j’ai écrite avec le fils de Bouton de Kinant qui est dans le neuvième régiment léger.</p> <p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Je vous prie de vouloir bien me faire passer deux louis comme je vous ai marqué dans ma lettre du vingt août par laquelle je n’ai pas reçu de nouvelles.</p> <p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Je vous dirai que le vingt novembre nous avons partis de Madrid avec le roi[^1] pour l’armée où nous avons été bientôt arrivés car nous et l’ennemi nous marchions à la rencontre les uns des autres. Nous avons marché un jour et une nuit, dans cette nuit et cette journée nous avons fait quatorze lieues où nous sommes arrivés à sept heures du matin bien fatigués car les quatorze lieues font plus de vingt lieues de France. Nous les avons attaqués, le feu a duré jusqu’à deux heures de l’après-midi, monsieur le Maréchal nous a fait entrer dans la ville, trois compagnies de voltigeurs. Nous les avons chassés de la ville, nous leur avons pris trente mille prisonniers, vingt drapeaux, soixante pièces de canon, sept cents officiers, quatre généraux[^2].</p> <p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Je finis en vous embrassant de tout mon cœur et je suis pour la vie votre filleul. J’embrasse tendrement ma marraine.</p> <h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal"> Simonet, sergent</h3><p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"><br/> </p> <p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Je désire de tout mon cœur que la présente vous trouve mieux portants que moi pour le moment, voilà deux mois que je suis malade par fatigue j’ai été bien malade, cependant ça commence à aller un peu mieux. Je suis bien fatigué de faire la guerre et je ne sais pas quand ça finira. Je vous prie de me faire passer les deux louis le plus tôt possible ; et par des reconnaissances payables à vue. Mon adresse est toujours la même.[^3]</p> [^1]: Joseph Bonaparte, roi d’Espagne. [^2]: La bataille d’Ocaña, 18 et 19 novembre 1809. [^3]: Expédition, collection privée, copie, Fondation Napoléon.</body>