CS_Simonet_5.md

identifiantCS_Simonet_5.md
fait partie delettres_soldats
est validéoui
date1800/03/12 00:00
titreCaporal Jean-Antoine Simonet à son parrain Jean-Pierre Darlay
texte en markdown<body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CS-SIMONET</i> - 5 - </b> Caporal Jean-Antoine Simonet à son parrain Jean-Pierre Darlay fils, marchand de bois à Neuvey département de l’Yonne</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">D’Aix, le 21 ventôse an VIII [12 mars 1800] de la République française une indivisible</h2> <p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Cher parrain et marraine, je suis bien surpris de ne pas recevoir de vos nouvelles vu que je vous ai écrit une lettre il y a environ un mois. Et je n’ai reçu aucune nouvelle de vous ce qui m’a fait bien de la peine vu que je suis heureux de recevoir de vos nouvelles pour savoir l’état de votre santé. Pour quant à moi je me porte bien grâce à Dieu, je souhaite que la présente vous trouve de même que moi. Mon parrain, je vous prie de me marquer tout ce qui se passe au pays. Je vous dis que le blé se vend sur le prix de vingt-quatre livres le « bichet », le pain six sols la livre, la viande dix sols, le vin quatre sols. Vous m’enverrez de l’argent car je suis bien pauvre dans ce moment, ici, car on ne nous paye pas, je ne sais ce que ça veut dire. Vous m’avez marqué que j’avais six pièces de vin, vous pouvez en faire ce que vous jugerez à propos. Si elles vous sont utiles pour votre maison vous pouvez en faire à votre volonté. Je vous prie de dire à ma mère qu’elle fasse passer de l’argent, et que je l’embrasse de tout mon cœur ainsi que mon père. Nous allons écrire au plus tôt, mon cousin Davion[^1] a reçu la dernière lettre que son père lui a envoyée.</p> <p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Je vous prie de ne pas dire à ma mère que vous m’avez envoyé de l’argent, car peut-être elle m’en fera passer un peu. Je vous prie de me faire passer un louis sur-le-champ. J’espérais bien passer au pays, mais voilà deux fois que nous recevons contre-ordre.</p> <p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Mon adresse est toujours la même.</p> <p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Rien d’autre chose à vous marquer que bien des compliments à tous ceux qui s’informent de moi. Je finis en vous embrassant de tout mon cœur, je suis pour la vie votre filleul.[^2]</p> <h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal"> Simonet, caporal </h3><p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"><br/> </p> [^1]: Jean-Baptiste Davion (né le 25 novembre 1769), entré au 55e de ligne le 22 octobre 1797, il sert à la 5e compagnie du 1er bataillon. Il est réformé à la revue du général Carra Saint-Cyr et congédié le 3 octobre 1805. [^2]: Expédition, collection privée, copie, Fondation Napoléon.</body>