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PRO021| identifiant | PRO021 |
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| fait partie de | proclamation |
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| est validé | oui |
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| date | 1804/05/01 00:00 |
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| titre | Réponse de Chabot (de l'Allier) à l'opinion de Carnot, 11 floréal an 12 (1er mai 1804) |
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| texte en markdown | TRIBUNAT. RÉPONSE faite par CHABOT (de l'Allier),
A un passage de l'Opinion du cit. CARNOT,
Sur la motion d'ordre relative au Gouvernement héréditaire.
Séance extraordinaire du 11 Floréal an 12.
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Tribuns,
Je ne parlerai pas, en ce moment, sur les questions importantes soumises à votre discussion ; je ne suis monté à cette tribune que pour répondre à un passage de l'opinion que vient d'émettre le citoyen Carnot.
Il y eut, a dit le citoyen Carnot, une arrière-pensée, lorsqu'on proposa le consulat à vie.
Oui, je le déclare franchement, les propositions de notre collègue Curée ne sont que le développement, elles sont la pensée tout entière de la proposition que je fis à la séance du 16 floréal an 10, et que le Tribunat convertit en vœu national.
Oui, nous voulions alors ce qu'on va faire aujourd'hui. Les amis de la patrie nous entendirent bien, et ils unissoient leurs vœux au nôtre.
Alors, comme aujourd'hui, le moment étoit favorable pour consolider le Gouvernement, et pour assurer, par des institutions fixes et permanentes, la tranquillité du peuple.
La paix étoit signée avec toutes les Puissances du continent ; elle venoit d'être conclue avec l'Angleterre : elle étoit établie au-dedans comme au-dehors.
Le prestige des vaines théories s'étoit dissipé : une longue et fatale expérience avoit signalé nos erreurs politiques, et tous les Français étoient réunis autour d'un chef vainqueur et pacificateur, aussi grand à la tête de l'administration qu'à la tête des armées.
Des considérations qu'il ne m'appartient pas de juger, et plus encore la magnanime générosité du premier Consul, arrêtèrent l'élan national. On ne proposa qu'une mesure insuffisante, et cependant elle fut accueillie avec enthousiasme, parce qu'elle étoit un pas avancé vers le but principal, et qu'elle donnoit l'espoir prochain d'une organisation complète et définitive.
Nous n'avons que trop long-temps attendu. Le peuple est las de tous ces gouvernemens provisoires qui, se culbutant les uns les autres, ont constamment compromis son repos et son existence. Il manifeste aujourd'hui sa volonté de la manière la plus positive ; elle éclate de toutes parts ; elle nous presse ; elle commande : on ne peut plus lui résister.
Ceux qui feignent de la méconnoître, et qui s'opposent au Gouvernement héréditaire, voudroient-ils rétablir la constitution de 1793, ou celle de l'an 3 ?
Nous, Tribuns, qui n'avons d'autres passions que l'amour du bien public, terminons l'ouvrage commencé le 18 brumaire an 8, fortement avancé le 16 floréal an 10, et mettons enfin la dernière pierre à l'édifice social.
Je vote pour la motion d'ordre de notre collègue Curée.
A PARIS, DE L'IMPRIMERIE NATIONALE.
Floréal an 12. |
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