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PRO023| identifiant | PRO023 |
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| fait partie de | proclamation |
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| est validé | oui |
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| date | 1804/05/01 00:00 |
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| titre | Opinion de Koch, sur le gouvernement héréditaire, 11 floréal an 12 (1er mai 1804) |
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| texte en markdown | TRIBUNAT. OPINION du citoyen Koch, Tribun, sur le gouvernement héréditaire.
Séance extraordinaire du 11 floréal an XII.
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Tribuns,
Je ne répéterai pas ce que tant d'orateurs ont amplement développé avant moi à cette tribune ; je me bornerai à énoncer succinctement mon opinion sur la matière importante qui nous est soumise.
Il m'a toujours été démontré, et il l'est sans doute à tous ceux qui réfléchissent sur les matières politiques, qu'un Etat tel que la France, que sa position topographique, que l'étendue de ses frontières, la grandeur de sa population, sa richesse territoriale et industrielle appelle à jouer un premier rôle parmi les puissances européennes, doit avoir une unité d'action des plus parfaites, une suprême magistrature unique, à laquelle aboutissent, en dernier ressort, toutes les branches du pouvoir exécutif. Ce principe est même applicable à tout État qui aspire à avoir quelque poids dans la balance politique de l'Europe.
Le pouvoir de ce chef unique, de cette suprême magistrature, doit être héréditaire ; un ordre de succession stable et permanent doit nécessairement avoir lieu. C'est là le seul et unique moyen de préserver l'Etat des orages et des convulsions qu'un système électif quelconque entraîne naturellement avec soi. L'expérience des siècles a constaté cette vérité ; et les nations tant anciennes que modernes, qui s'en sont écartées pour suivre de vaines théories, ont toujours porté la peine de leur imprévoyance et de leur erreur.
Il ne peut plus être question parmi nous de l'ancienne dynastie ; elle a depuis long-temps perdu ses droits : le vœu national s'est assez prononcé sur ce point. Les trônes et les gouvernemens ne sont pas le patrimoine des familles ; ils ne sont établis que pour les nations, en vue de leur salut et de leur bonheur. Et certes, ceux même qui étoient dévoués à l'ancienne dynastie, ceux qui répugnoient à voter sa déchéance, doivent être convaincus aujourd'hui que son retour, si on le supposoit possible, entraîneroit des maux incalculables, rameneroit tous les abus de l'ancien régime, feroit perdre à la nation les avantages inappréciables que la révolution lui a procurés, que son pacte social lui a garantis, et qu'elle a mérité sans doute, par ses longues souffrances, de conserver à jamais.
La France ne pourra achever sa révolution, ni prendre l'assiette qui lui convient, qu'en établissant cette suprême magistrature héréditaire, cet ordre de succession immuable, qui seul pourra la mettre à l'abri de toute nouvelle secousse.
Son chef héréditaire doit être revêtu de toute la majesté nationale. Un titre éminent doit lui être conféré, qui soit adapté aux usages reçus parmi les membres de la grande famille européenne. C'est l'intérêt le plus cher de la France ; c'est celui de sa tranquillité et de son bonheur qui exige cette mesure.
Et en qui pourra-t-elle mieux placer sa confiance qu'en celui même dont le génie a su fixer la victoire sous ses drapeaux, à qui l'Europe doit la paix, la France son calme, sa religion et ses lois ?
Les puissances étrangères verront dans la stabilité du Gouvernement français, dans l'hérédité du titre impérial, le garantie de leur tranquillité, la fin de toutes les tourmentes révolutionnaires.
J'adhère à la motion qui vous a été faite, et il ne me reste qu'à desirer que des mesures de prudence et de sagesse soient prises pour que toute l'Europe soit convaincue que ce n'est point ici le vœu du premier Consul ni celui du Tribunat, mais le vœu de la France entière qui se prononce, le vœu enfin que le salut et la postérité de l'Etat nous commandent.
A PARIS, DE L'IMPRIMERIE NATIONALE.
Floréal an 12. |
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