PRO047

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est validéoui
date1804/09/28 00:00
titreLettre du cardinal Maury, 12 août 1804, publiée au Journal des Débats du 28 septembre 1804
texte en markdown6 VENDEMIAIRE an 13.VENDREDI 28 Septembre 1804 JOURNAL DES DÉBATS ET LOIX DU POUVOIR LEGISLATIF ET DES ACTES DU GOUVERNEMENT NOUVELLES ETRANGERES. ETATS ECCLESIASTIQUES. ============================================================================================================================================================================= Rome, 10 septembre. Il est certain que le Saint-Père, reconnaissant les services eminens que l'empereur des Français a rendus à la religion catholique, a pris la résolution de venir en France pour assister au couronnement de S.M.I. Le départ de Sa Sainteté est fixée aux premiers jours d'octobre. Monte-Fiascone, 9 septembre. M. le cardinal Maury a adressé la lettre suivante à l'empereur des Français, pour féliciter S.M. sur son avènement au trône impérial : Sire, C'est par sentiment autant que par devoir que je me réunis loyalement à tous les membres du sacré collège, pour supplier V.M.I. d'agréer avec bonté et confiance rues sincères félicitations sur son avènement au trône. Le salut public doit être dans tous les temps la suprême loi des esprits raisonnables. Je suis Français, sire ; je veux l'être toujours. J'ai constamment et hautement professé que le gouvernement de la France étoit sous tous ses rapports essentiellement monarchique. C'est une opinion à laquelle je n'ai cessé de me rallier, avant que la nécessité de ce régime nous fût généralement démontrée par tant de désastres, et que les conquêtes de V.M. qui ont si glorieusement reculé nos frontières, eussent encore augmenté dans un si vaste empire le besoin manifeste de cette unité de pouvoir. Nul Français n'a donc plus que moi le droit d'applaudir au rétablissement d'un trône héréditaire dans ma patrie, puisque j'ai toujours pensé que toute autre forme de gouvernement ne seroit jamais pour elle qu'une intermittente et incurable anarchie. Je me retrouve ainsi, à la fin de notre révolution, sur la même ligne des principes que j'ai défendus au fréquent péril de ma vie depuis le premier jour de son origine et durant tout son cours. Je sens vivement, sire, dans ce moment sur-tout, le bonheur de n'être que conséquent et fidèle à mon invariable doctrine, en déposant aux pieds de V.M.I. l'hommage de mon adhésion pleine et entière au vœu national qui vient de l'appeler à la suprême puissance impériale, et d'assurer solidement la tranquillité de l'avenir, en assignant à son auguste famille un si magnifique héritage. Un diadème d'empereur orne justement et dignement à mes yeux, le front d'un héros qui, après avoir été si souvent couronné par la Victoire, a su se soutenir par son rare génie, dans la législation, dans l'administration et la politique, à la hauteur de sa renommée, toujours croissante, en rétablissant la religion dans son empire, en illustrant le nom Français dans tous les genres de gloire, en illustrant le nom Français dans tous les genres de gloire, et en terrassant cet esprit de faction et de trouble qui perpétuoit les fléaux de la révolution en la recommençant toujours. Je suis avec le respect le plus profond ; sire, de V.M.I., le très-humble, très-obéissant, très-dévoué et très-fidèle, serviteur, Jean Sifrein, cardinal Maury, évêque de Monte-Fiascone et de Borneto. Monte Fiascone, 12 août. (Extrait d'une gazette italienne.)