PRO031

identifiantPRO031
fait partie deproclamation
est validéoui
date1804/05/03 00:00
titreOpinion de Sahuc sur le gouvernement héréditaire, 13 floréal an 12 (3 mai 1804)
texte en markdownTRIBUNAT.OPINION du Tribun SAHUC, Sur une motion d'ordre tendante à rendre le Gouvernement français héréditaire dans la famille du premier Consul Napoléon BONAPARTE. Séance extraordinaire du 13 floréal an 12. ==================================================================================================================================================================================================================== Tribuns, Tous nos collègues s'étoient fait inscrire pour parler sur la plus importante question qui jamais ait été soumise à vos délibérations. Eh ! qui d'entre nous eût resté muet, quand il s'agit de fixer les destins d'un grand peuple ; d'assurer par des institutions durables sa gloire et sa prospérité ; de consacrer par une charte solennelle, les principes éternels et sacrés de sa souveraineté, et d'en déléguer une partie pour mieux conserver l'exercice de ses droits et de sa liberté ? Mais ces grandes considérations ayant été envisagées, sous tous les rapports, par les orateurs qui jusqu'à ce moment ont occupé la tribune, il eût été désormais impossible de rien ajouter à la démonstration des vérités qui sont sorties triomphantes de cette discution, et aussi fastidieux qu'inutile de se traîner dans une carrière qu'ils viennent de parcourir d'une manière si éclatante. Je dois cependant à l'armée, dans laquelle j'ai l'honneur d'occuper un grade, d'exprimer ici une grande vérité : c'est que le vœu que vous venez d'émetre étoit depuis long-temps le sien. Si, plus qu'aucun corps de la République, elle a contribué à sa fondation, à ses succès, elle fut aussi la première à pressentir, à desirer le seul moyen qui pût la consolider. Ce vœu se manifesta sur-tout en l'an 7, lorsque, par l'impéritie d'un Gouvernement foible et divisé, elle s'est vu arracher quelques branches de l'immense faisceau de lauriers qu'elle avoit cueillis ; lorsque sacrifiée aux combinaisons étroites du Directoire, qui, pour assurer sa domination, retenoit dans l'intérieur des troupes si nécessaires à la frontière, comme si dans un Gouvernement populaire il y avoit d'autre puissance que celle de l'opinion, elle fut contrainte de céder au nombre, et d'abandonner, en frémissant, un champ de bataille témoin de sa valeur, et couvert de ses inutiles sacrifices. L'armée vit alors que des hommes occupés de leur propre intérêt, de leurs querelles domestiques, devenoient étrangers à l'intérêt général, et qu'elle ne pouvoit confier le dépôt de sa gloire qu'entre les mains de celui qui en avoit la plus grande part. Elle tourna ses regards vers le vainqueur de l'Italie et de l'Egypte, vers ce héros dont le génie sut constamment captiver la victoire, et qui seul pouvoit sauver la patrie. Dès-lors elle eût voulu l'élever sur le pavois… Mais ne tardons pas d'annoncer que ce grand acte de reconnoissance, de justice et d'intérêt public est effectué. L'armée, le peuple entier brûle de joindre ses acclamations à celles de ses magistrats, et attend avec impatience le résultat de votre délibération. Mais je demande que dans cette unique et majestueuse circonstance, chaque membre du Tribunat, pour exprimer son vœu, soit admis à signer le procès-verbal de la séance. DE L'IMPRIMERIE NATIONALE. Floréal an 12.
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