PRO037

identifiantPRO037
fait partie deproclamation
est validéoui
date1802/05/12 00:00
titreConsulat à vie : Discours de Ségur au Corps Législatif, 22 floréal an 10 (12 mai 1802)
texte en markdownCORPS LÉGISLATIF. DISCOURS prononcé par SÉGUR, Dans la séance du 22 Floréal. ============================================================================== Législateurs, Quoique mon opinion soit conforme à celle de la commission, il me semble qu'elle n'a pas assez précisé l'ouverture immédiate du registre : je prends la parole pour la motiver. Lorsque le Tribunat émit un vœu dicté par la reconnoissance nationale pour le premier magistrat de la République, le Corps législatif, qui éprouvoit le même sentiment, crut avec regret que la Constitution lui interdisoit la faculté de l'exprimer, et de prendre à cet égard aucune initiative. Je craignis dès-lors, d'après les entraves imposées par la Constitution, qu'aucune des autorités établies ne pût remplir complétement un vœu que je crois général. Dans une aussi grande circonstance, lorsqu'il s'agit de décider si la gloire de nos armes, les douceurs de la paix, la restauration de l'ordre public, la compression de toutes les factions, seront durables ou passagères ; lorsqu'il faut imprimer le sceau de la constance à nos institutions, et enlever aux ennemis du Peuple français le funeste espoir de voir renaître les troubles et les orages qui tourmentoient la République avant le 18 Brumaire ; lorsqu'il s'agit enfin de donner à l'homme que la France admire, et que l'Europe nous envie, une récompense digne de nous et de lui, c'est au Peuple souverain seul qu'il faut s'adresser : c'est lui seul qui peut réaliser complétement nos vœux, et, par un acte de sa volonté libre et suprême, assurer solidement son bonheur et son repos, en donnant à Bonaparte la marque la plus éclatante de sa confiance, et le digne prix de ses travaux et de ses périls. La réponse du premier Consul au Sénat est parfaitement conforme à cette opinion. Cet illustre citoyen, à l'esprit duquel aucune grande pensée n'échappe, exprime à la fois sa reconnoissance pour cette grande autorité, et son respect profond pour la majesté du Peuple souverain. Enfin, les Consuls et le Conseil d'État, en convoquant la Nation, nous donnent le juste espoir de voir disparoître ces tristes bornes que le vrai patriotisme regardoit avec inquiétude, et l'envie avec une joie basse et perfide. Cet arrêté des Consuls qui nous est communiqué, citoyens Législateurs , nous laisse une entière liberté d'exprimer nos sentimens : ce n'est point ici l'un de ces actes sur lequel le silence impartial d'un juge nous est imposé, c'est un appel au Peuple dont nous faisons partie, et dont nous sommes les Représentans. Il me semble, citoyens Législateurs, que cette double position de citoyens et de représentans de la Nation, nous indique naturellement les deux résolutions que doit prendre le Corps législatif. Comme législateurs, nous devons envoyer au premier Consul une nombreuse députation, pour lui exprimer la satisfaction que nous fait éprouver sa réponse, où nous admirons tous les sentimens qui justifient si bien la confiance nationale ; et, comme citoyens, nous devons ouvrir à l'instant, dans le bureau de notre commission, un registre où chacun de nous souscrira son vœu : ce vœu, je n'en doute pas, répété bientôt dans toute la République, rassurant tous les amis de la patrie, enlevant toute espérance aux factions, liera constamment notre sort aux destinées glorieuses du conquérant de l'Italie et de l'Egypte, du citoyen courageux qui a terrassé l'anarchie, du héros dont le génie audacieux a franchi les Alpes, désarmé tous nos ennemis, vaincu tous nos préjugés, calmé toutes les consciences, et qui vient enfin de donner la paix au monde. Je propose donc au Corps législatif l'envoi de la députation nommée à la séance d'hier, et l'ouverture immédiate d'un registre pour inscrire individuellement notre vœu ; et enfin, que le résultat de cette inscription soit transmis au Gouvernement par la députation. A PARIS, DE L'IMPRIMERIE NATIONALE. Floréal an 10.
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