| identifiant | CG4-9410.md |
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| fait partie de | correspondance |
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| est validé | oui |
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| date | 1804/11/10 00:00 |
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| titre | Napoléon à Frédéric-Guillaume III, roi de Prusse |
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| texte en markdown | <body><h1 lang="fr-FR" style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG4</i> - 9410. - </b>À Frédéric-Guillaume III, roi de Prusse</h1><h2 data-kind="letter-context;" lang="fr-FR" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Saint-Cloud, 19 brumaire an XIII [10
novembre 1804]</h2><p lang="fr-FR"><font color="#000000">Monsieur mon
frère, j'ai reçu la lettre de Votre Majesté, du 30 octobre,
aujourd'hui à huit heures du soir, et qui m'a été remise par M.
Talleyrand</font>[^1]<font color="#000000">.
J'ai été sensiblement ému des sentiments de confiance et d'amitié
qu'elle contient. De premier mouvement, et plein de la lecture de
votre lettre, j'ai envoyé les ordres nécessaires pour que, dans la
nuit même, M. Rumbold</font>[^2]<font color="#000000">
fût relâché, me désistant même de toutes enquêtes et plaintes
contre cet individu. Votre Majesté ne souffrira sûrement pas qu'il
retourne à Hambourg, ni qu'il y ait dans cette place aucun agent
anglais, jusqu'à ce que le cabinet de Londres ait adopté d'autres
principes que ceux qui se trouvent dans la circulaire de lord
Hawkesbury.</font></p><p lang="fr-FR"><font color="#000000">Puisque
l'événement de M. Rumbold a si péniblement affecté Votre Majesté,
je dois moi-même le considérer comme un des événements les plus
malheureux que j'aie éprouvés, car votre contentement personnel
fait partie de mon bonheur. J'attache sans doute une grande
importance au maintien de la bonne amitié et de toutes les relations
heureusement existantes entre nos deux États ; je considère l'union
de la Prusse et de la France comme propre à garantir l'Europe de
nouvelles catastrophes ; mais ce qui, dans toutes les circonstances,
décidera le plus toutes mes démarches, ce sera l'envie que Votre
Majesté reste persuadée de la considération particulière que je
porte à la loyauté de son caractère et à ses éminentes vertus.
Voulant vous expédier cette lettre sans aucun retard, j'ai chargé
mon ministre des Relations extérieures d'entrer avec votre ministre
à Paris</font>[^3]<font color="#000000">
dans de plus grands développements sur ma position particulière
avec l'Angleterre, qui non seulement ne respecte aucun neutre, ne
reconnaît aucun droit des gens, et même viole le droit naturel. Les
trames que ce cabinet ourdit sans cesse personnellement contre ma vie
doivent exciter l'intérêt de tout ce qui a l'horreur du crime et
porte quelque intérêt aussi à une existence qui a échappé à
bien des dangers, et que je ne désire conserver qu'autant qu'elle
sera utile à ma patrie et à mes amis.</font></p><p lang="fr-FR"><font color="#000000">La Suède, dont
parle Votre Majesté dans sa lettre, m'a provoqué d'une manière
inattendue</font>[^4]<font color="#000000">,
et avec un délire qu'a excusé sans doute son extrême faiblesse ;
mais, sans que je veuille, dans cette circonstance, m'en faire un
mérite auprès de Votre Majesté, je la prie de penser à ce
qu'elle-même eût fait si elle avait été aussi violemment
provoquée et l'était encore tous les jours. Eh bien, je veux rester
encore, comme par le passé, dans la plus parfaite ignorance sur ce
qui se fait en Suède, sachant que cette conduite est la seule propre
à éviter des embarras à Votre Majesté. Je me suis, pendant
plusieurs années, étudié à faire ressortir en Europe l'influence
de la Russie et les qualités de son jeune empereur ; je ne me suis
opposé à aucun de ses justes objets d'ambition ; j'en ai été payé
d'ingratitude ; et, après les relations qui avaient eu lieu entre
l'empereur Alexandre et moi, il est des choses qu'il n'eût jamais dû
se permettre. Mais sans doute qu'un jour cette puissance sentira que,
si elle veut intervenir dans les affaires d'Europe, elle doit adopter
un système raisonné et suivi et abandonner des principes uniquement
dérivant de la fantaisie et de la passion, car la politique de
toutes les puissances est dans leur géographie. Il me reste à
désirer que Votre Majesté soit aussi satisfaite de mes sentiments
que je l'ai été de ceux qu'elle a bien voulu m'exprimer.</font>[^5]</p>
[^1]: Ministre des Relations extérieures.
[^2]: <span></span> Exaspéré par les intrigues des agents royalistes à Hambourg, Napoléon a fait enlevé Rumbold, représentant anglais dans cette ville dans la nuit du 24 au 25 octobre 1804. Cette violation du territoire d’un pays ami suscite de nombreuses réactions et sur intervention de Frédéric-Guillaume III, le prisonnier est libéré le 11 novembre 1804. Voir lettres ci-dessus n° 9329 et ci-dessous n° 9415.
[^3]: Cobenzl.
[^4]: Voir ci-dessus n° 9136 et n° 9388.
[^5]: Minute, Archives nationales, AF IV 866, brumaire an XIII, n° 25.</body> |
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