| identifiant | CG4-9327.md |
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| fait partie de | correspondance |
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| est validé | oui |
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| date | 1804/10/07 00:00 |
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| titre | Napoléon à Fouché, ministre de la Police générale |
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| texte en markdown | <body><h1 lang="fr-FR" style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG4</i> - 9327. - </b>à Fouché, ministre de la Police générale</h1><h2 data-kind="letter-context;" lang="fr-FR" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Trèves, 15 vendémiaire an XIII [7
octobre 1804]</h2><p lang="fr-FR">Je vois dans votre rapport du 9 que
dans quelques parties de la France on craint le retour des Jésuites.
Je vous autorise à faire des circulaires pour dissiper ces alarmes ;
le prétexte en sera de rappeler aux préfets de veiller avec soin à
l'exécution du décret du 3 messidor, relatif aux différentes
corporations religieuses et notamment à cet ordre. Je vois dans le
même rapport que mademoiselle Wolters, correspondante de Larose à
Rotterdam, s'est retirée à Neuwied. Donnez ordre à la gendarmerie
de l'observer sans qu'elle s'en doute ; et quand vous aurez un
rapport précis sur elle, je la ferai demander au prince de Neuwied,
qui ne me la refusera pas.</p><p lang="fr-FR">Je vois dans votre rapport du 10, à
l'article « Manche », que M. de la Touche, de Granville,
se plaint que le clergé de cette ville s'est refusé, excepté le
curé, d'assister aux obsèques de son frère. Si le curé y était,
sa plainte n'est pas fondée. Mais il ajoute que le curé a eu la
mauvaise volonté de jeter l'eau bénite à côté de la fosse. Cette
plainte est ridicule. Cela fait voir que son frère ne vivait point
dans les principes de la religion. Il y avait une manière simple,
qui était de le faire enterrer sans prêtres, puisque aucune loi
n'oblige à se faire enterrer avec des prêtres ; et, lorsqu'on veut
mourir avec tous les sacrements de l'Église, il faut au moins garder
quelque décorum à ses derniers moments.</p><p lang="fr-FR"><font color="#000000">Répondez à la
famille Bourmont</font>[^1]<font color="#000000">
que, tant qu'il ne se rendra pas à la citadelle de Besançon, le
séquestre ne sera point levé de dessus ses biens. Faites-lui
connaître qu'il se cache bien, mais que, s'il est arrêté, il sera
traduit devant une commission militaire.</font></p><p lang="fr-FR">Je vois dans votre rapport du 11,
article Vendée, que le préfet rend compte que les partis se sont
démasqués. Demandez une note de quinze personnes de différents
partis, chouans et terroristes, qui se montrent avec audace ; s'il
les donne, il aura raison ; sans cela, ce n'est que du bavardage.
Quand il faudra des forces, j'en enverrai.</p><p lang="fr-FR">Faites faire un rapport détaillé
sur les matelots dunkerquois qui se sont échappés à la faveur de
passeports d'un agent prussien, afin que je demande sa punition.
Faites connaître aux maires qu'ils ne doivent avoir aucun égard à
ces passeports.</p><p lang="fr-FR">Écrivez au capitaine Rigade qu'il
donne des détails sur ce qu'il dit qu'en Piémont on ne garde plus
de mesure depuis le départ des troupes, et qu'il vous envoie les
preuves de cette assertion ; c'est au contraire donner lieu aux
malveillants de se démasquer ; qu'il fasse connaître les individus.
Quant à votre commissaire Charron, il ne fait rien, il ne pense qu'à
lui.</p><p lang="fr-FR">Faites arrêter le nommé Moustier,
ancien maire de Maubeuge, et faites-moi connaître qui il est :
je ne comprends pas bien s'il était maire quand il a tenu les propos
dont on l'accuse, ou si c'est un individu mécontent qui avait été
maire dans les temps de factions.</p><p lang="fr-FR"><font color="#000000">J'imagine que
vous avez prescrit des mesures pour que Lambert de Boissac, qui a été
arraché des mains de la gendarmerie, soit repris, et pour qu'on
informe contre cet attroupement</font>[^2]<font color="#000000">.</font></p><p lang="fr-FR"><font color="#000000">Faites
connaître au préfet</font>[^3]<font color="#000000">
que la découverte de cette connivence du commandant de Bréhat</font>[^4]<font color="#000000">
aurait dû parvenir par lui, puisqu'il a la police dans ses
attributions ; que, ne l'ayant pas fait, il est naturel que le
général s'en fasse honneur près du Gouvernement. Je vous
recommande de suivre cette affaire ; je veux faire un exemple. Si
elle marche comme celle du Tréport, on ne parviendra jamais à faire
des exemples qui intimident et contiennent les malveillants.</font></p><p lang="fr-FR">Je ne vois pas d'inconvénient que,
toutes les fois qu'un préfet demande un congé, vous soyez consulté
pour savoir si la situation de son département permet qu'il soit
accordé.</p><p lang="fr-FR">Je verrai aussi avec plaisir que,
lorsque vous aurez un bon sujet pour une place vacante de préfet,
vous me le proposiez.</p><p lang="fr-FR"><br/>
</p><p lang="fr-FR">Faites investir la maison de M.
Bellegarde. Faites saisir ses papiers et interrogez-le sur ses
correspondances à Paris. Je suis porté à penser, par tous les
renseignements que j'ai, que les Anglais ne sont pas les seuls qui
agitent la France. Si vous le préférez, envoyez un agent qui ait la
confiance de M. Bellegarde et qui connaisse ses correspondants de
Paris.</p><p lang="fr-FR"><font color="#000000">Hingand de
Saint-Maure ne doit point être renvoyé sur sa parole d'honneur ; il
doit être reconduit à Besançon et mis au cachot, afin qu'il ne
puisse plus se sauver.</font>[^5]</p>
[^1]: Le général s’est échappé de la citadelle de Besançon. Voir lettres n° 9074 et 9157.
[^2]: L’affaire c’est passée dans le département de Jemmapes.
[^3]: Garnier.
[^4]: Le chef de bataillon Cavaillé commande l’île de Bréhat, son domestique semblait de connivence avec des chouans.
[^5]: Minute, Archives nationales, AF IV 866, vendémiaire an XIII, n° 73.</body> |
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