CG4-9231.md

identifiantCG4-9231.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1804/09/19 00:00
titreNapoléon au vice-amiral Decrès, ministre de la Marine et des Colonies
texte en markdown<body><h1 lang="fr-FR" style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG4</i> - 9231. - </b>Au vice-amiral Decrès, ministre de la Marine et des Colonies</h1><h2 data-kind="letter-context;" lang="fr-FR" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Coblence, 2<sup>e</sup> jour complémentaire an XII [19 septembre 1804]</h2><p lang="fr-FR"><font color="#000000">Monsieur Decrès, ministre de la Marine, mon intention est que le lieutenant Grant</font>[^1]<font color="#000000"> soit échangé contre un des lieutenants de la corvette que commandait Jérôme</font>[^2]<font color="#000000">. Quant à la seconde question, nous avons nos habitudes et les Anglais ont les leurs. Nous ne sommes pas une Nation neuve. De tout temps nous avons traité les prisonniers que nous avons eus. Je ne veux donc rien changer à cet égard. Quant à l'habillement, mon intention est d'habiller les prisonniers anglais, parce qu'ils sont en mon pouvoir, et que la générosité, les lois de la nature veulent qu'on leur donne tout ce qui est nécessaire. Ils ont leur masse comme les troupes. Les Anglais doivent en faire autant, d'autant plus que leurs prisonniers sont de misérables pêcheurs qui, naviguant sur des bâtiments de commerce, n'ont pas été pris à main armée. Ainsi donc je veux que les prisonniers anglais ne coûtent rien aux Anglais, et que les prisonniers français qu'ils pourraient avoir ne me coûtent rien. Faites-moi connaître ce que c'est qu'un M. Brenton ; je n'entends point qu'il ait aucune correspondance ; aucune lettre sur cet objet n'a été remise, et M. Perregaux</font>[^3]<font color="#000000">, ou tout autre individu, aurait tort de se mêler de ces affaires-là. J'approuve la réponse que vous proposez de faire pour le capitaine Jurien</font>[^4]<font color="#000000"> Quant à la proposition faite d'envoyer des agents de part et d'autre pour surveiller les prisonniers, faites connaître que cette demande n'a point été soumise à l'Empereur, mais a été mise sous les yeux du ministre, qui pense que l'Empereur ne fera aucune difficulté d'adhérer à une proposition si conforme au droit des gens, dès qu'il connaîtra l'agent anglais qu'on est dans l'intention d'envoyer ; que sur cet objet le personnel de l'individu décidera le Gouvernement à adopter ou à rejeter la proposition.</font>[^5]</p><h3 data-kind="letter-signature" lang="fr-FR" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Napoléon</h3> [^1]: Officier anglais, prisonnier en France. [^2]: <span></span> La corvette <font color="#000000"><i>L’Épervier</i></font><font color="#000000"> que commandait Jérôme Bonaparte avait été capturée juillet 1803 alors que son commandant était au États-Unis. Cette capture avait alors fait le bonheur de la presse anglaise.</font> [^3]: Président du conseil de régence de la banque de France. [^4]: Jurien-Lagravière. [^5]: <span></span><font color="#000000"><i>Correspondance de Napoléon I</i></font><font color="#000000"><sup><i>er</i></sup></font><font color="#000000"><i> publiée par ordre de l’Empereur Napoléon III</i></font><font color="#000000">, n° 8032, d’après l’expédition communiquée par la duchesse Decrès. Minute, Archives nationales, AF IV 865, fructidor an XII, n° 96.</font></body>