| identifiant | CG4-9183.md |
|---|
| fait partie de | correspondance |
|---|
| est validé | oui |
|---|
| date | 1804/09/06 00:00 |
|---|
| titre | Napoléon au vice-amiral Decrès, ministre de la Marine et des Colonies |
|---|
| texte en markdown | <body><h1 lang="fr-FR" style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG4</i> - 9183. - </b>Au vice-amiral Decrès, ministre de la Marine et des Colonies</h1><h2 data-kind="letter-context;" lang="fr-FR" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Aix-la-Chapelle, 19 fructidor an XII
[6 septembre 1804]</h2><p lang="fr-FR"><font color="#000000">Par les états
que je reçois, il me paraît que l'escadre de Brest n'a plus besoin
que de 1 273 hommes pour être portée au complet, y compris ce
qui est nécessaire pour </font><font color="#000000"><i>Le Patriote</i></font><font color="#000000">
; ce qui nous fait vingt et un vaisseaux en rade. Je viens d'ordonner
que les 24</font><font color="#000000"><sup>e</sup></font><font color="#000000">
et 37</font><font color="#000000"><sup>e</sup></font><font color="#000000">
régiments de ligne fourniraient en tout 539 hommes</font>[^1]<font color="#000000">.
Je pense qu'il serait nécessaire que le surplus fût fourni par 6 ou
700 conscrits ouvriers de la marine ; on prendrait préférablement
des hommes de bonne volonté, et, s'ils étaient insuffisants, on les
ferait marcher par tour. J'imagine qu'entre Brest, Lorient et
Saint-Malo, ce nombre doit se trouver facilement. Les 100 ou 200
hommes qui pourraient manquer encore à l'escadre seraient fournis
par l'artillerie de la marine. Un conscrit ouvrier est bien plus
essentiel à bord d'un vaisseau qu'un simple conscrit, et un matelot
ouvrier le serait plus qu'un simple matelot. La France a plus de
surface que de côtes ; l'art doit donc consister à pousser la
population du centre sur les côtes, pour le service de la marine. De
grandes colonies et un grand commerce, cela va tout seul ; mais cela
ne peut être que le résultat de la marine. Si nous nous en
rapportions à ces seuls moyens, nous ferions un cercle vicieux.
Voici ce que j'imagine pour augmenter la population maritime. Vous
avez des matelots de quatre classes et des novices : je désirerais
que, dans l'organisation fondamentale des équipages, chaque vaisseau
de guerre eût, comme matelots de 4</font><font color="#000000"><sup>e</sup></font><font color="#000000">
classe, trente conscrits ouvriers qui auraient été au service de la
marine dans les ports pendant une année entière pour cette fois et
deux ans pour l'avenir, et trente conscrits novices fournis par la
conscription de l'année de toute la France. On veillerait à ce que
les ouvriers conscrits apprissent à nager dans la rade sur des
canots et péniches. Par ce moyen, on se procurerait de suite une
population de 3 000 jeunes gens, dont 1 500 ouvriers, qui
pourraient dès à présent être mis à bord de nos vaisseaux. Cette
idée est bonne si, en général, vous manquez de novices ; car, si
vous en avez autant que vous en voulez, il est inutile d'en chercher
par la conscription. Quant aux ouvriers, si cette idée vous paraît
bonne, présentez-moi un projet d'arrêté en conséquence ; et
alors, à Brest, Toulon, Rochefort et Lorient, et partout où il y a
des vaisseaux, on embarquerait le nombre d'ouvriers conscrits
mentionnés plus haut, et qui seront remplacés par une levée de la
conscription de l'an XIII, et par ce moyen les escadres de Brest,
Toulon, Rochefort, la garnison de </font><font color="#000000"><i>L’Algésiras</i></font><font color="#000000">,
pourront se trouver au complet.</font>[^2]</p>
[^1]: Voir ci-dessus n° 9180.
[^2]: Minute, Archives nationales, AF IV 865, fructidor an XII, n° 54.</body> |
|---|
| |