CG4-9177.md

identifiantCG4-9177.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1804/09/05 00:00
titreNapoléon à Fouché, ministre de la Police générale
texte en markdown<body><h1 lang="fr-FR" style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG4</i> - 9177. - </b>À Fouché, ministre de la Police générale</h1><h2 data-kind="letter-context;" lang="fr-FR" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Aix-la-Chapelle, 18 fructidor an XII [5 septembre 1804]</h2><p lang="fr-FR"><font color="#000000">Monsieur Fouché, ministre de la Police générale, la mission du voyageur d'Husum</font>[^1]<font color="#000000"> est une mine précieuse. Les deux extraits que vous m'avez envoyés sont extrêmement curieux. Ils ne m'apprennent rien de nouveau, car je reste toujours persuadé que nous n'avons pas la conjuration tout entière. Je dis plus : je suis persuadé que nous ne savons pas tout ce que savent Lajolais et Rolland</font>[^2]<font color="#000000">. Lajolais est aujourd'hui dans vos mains. Pichegru, pour qui ce misérable pouvait avoir encore un peu d'intérêt, n'existe plus ; ainsi il serait donc possible de tirer quelque parti de cet individu, et d'avoir enfin une narration simple et claire, sinon écrite, du moins verbale, par quelqu'un qu'on lui enverrait. Puisqu'il est question de cette affaire, rendez-moi compte si le tachygraphe</font>[^3]<font color="#000000"> a rendu compte de tous ces débats, si les cahiers ont paru. Faites réunir, dans ce cas, des exemplaires de toutes ces pièces, et faites-les mettre dans les principales bibliothèques de Paris, car il y a là des aveux et des faits suffisants pour tout homme impartial, et que l'on ne peut plus nier. Tous ces nouveaux renseignements ne font que confirmer davantage l'impossibilité et l'inconvenance de conserver des fonctions politiques au tribun Moreau</font>[^4]<font color="#000000">. Je désire donc que vous vous arrangiez de manière à ce qu'il donne sa démission. Il est également essentiel, si l'on peut saisir le général Lahorie, de le faire enfermer ; il ne faut prendre aucun engagement avec lui et ne rien lui promettre ; ce misérable est la principale cause de tout. Je dirai la même chose de Fresnières</font>[^5]<font color="#000000">. Il serait inconvenant que de tels individus trouvassent protection en France. Je désire également que vous preniez des mesures pour que madame Hulot</font>[^6]<font color="#000000"> n'approche pas de quarante lieues de Paris. Je crois que vous m'avez mandé qu'elle n'y était pas ; ainsi, qu'elle n'y revienne plus.</font></p><p lang="fr-FR"><font color="#000000">Il est du devoir de la police d'influer, par tous les moyens possibles, sur la badauderie des Parisiens, et d'empêcher qu'aucun Russe ne parte sans avoir payé ses dettes. Faites parler, dans l'article « Variétés » de quelque petit journal, de l'usage pratiqué à Saint-Pétersbourg de ne point laisser partir les étrangers sans avoir payé leurs dettes</font>[^7]<font color="#000000">, en faisant sentir, quoiqu'il ne soit pas suivi en Europe, combien il est avantageux sous plusieurs côtés. Citez quelques Russes qui auraient laissé des dettes, et choisissez de préférence les Dolgorouki</font>[^8]<font color="#000000">, s'ils en ont laissées ; et citez l'exemple de quelques boutiquiers connus à Paris qui ont été ruinés par quelques-uns d'entre-eux.</font>[^9]</p> [^1]: Rénémesnil, voir ci-dessus n° 9060. [^2]: Deux des conjurés de l’an XII. Rolland est condamné à deux ans de détention et Lajolais à quatre après avoir vu sa peine commuée. [^3]: Ancêtre de la sténographie. [^4]: Frère du général de ce nom. [^5]: Secrétaire de Moreau. [^6]: Belle-mère de Moreau. [^7]: Voir ci-dessus n° 9089. [^8]: Famille russe très ancienne. L’aide de camp de l’empereur Alexandre à Austerlitz était Dolgorouki, messager auprès de Napoléon. [^9]: Minute, Archives nationales, AF IV 865, fructidor an XII, n° 51.</body>