CG4-9157.md

identifiantCG4-9157.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1804/08/31 00:00
titreNapoléon à Fouché, ministre de la Police générale
texte en markdown<body><h1 lang="fr-FR" style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG4</i> - 9157. - </b>À Fouché, ministre de la Police générale</h1><h2 data-kind="letter-context;" lang="fr-FR" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Arras, 13 fructidor an XII [31 août 1804]</h2><p lang="fr-FR"><font color="#000000">Monsieur Fouché, ministre de la Police, je vois, par votre bulletin du 9, que vous avez renvoyé à la surveillance inaperçue la surveillance des amnistiés. Cette surveillance inaperçue est un mot dont je n'ai jamais vu les effets. Je désire connaître la liste de tous les individus amnistiés qui ont signé chez le préfet de police</font>[^1]<font color="#000000">, et qu'on éloigne de Paris les plus dangereux. Mon intention est qu'aucun amnistié de la guerre de la Vendée n'ait permission de rester à Paris, et qu'ils en soient éloignés de plus de quarante lieues, ainsi que du théâtre de la chouannerie. Je ne pense pas que le Grand Juge</font>[^2]<font color="#000000"> ait soumis les émigrés à une surveillance particulière ; cet ordre avait été restreint aux seuls individus ayant pris part à la guerre civile ; on les avait soumis à une surveillance provisoire pour avoir leurs noms et leur demeure, pour les éloigner ensuite de Paris. Tenez la main à ce que </font>d'Avaray, Septeuil, Bouthilliers, un comte de Laval[^3]<font color="#000000">, ne demeurent point à Paris et établissent décidément leur séjour à quarante lieues de Paris.</font></p><p lang="fr-FR"><font color="#000000">Quant à votre surveillance inaperçue, j'ai trop d'expérience pour en faire grand cas. Donnez ordre que le prêtre de Bouillé, dont il est question dans votre rapport, ainsi que le nommé </font>Davoine<font color="#000000"> et le chef de chouans, soient arrêtés et mis en lieu de sûreté. Demandez un rapport sur eux, afin de voir quel parti il y a à prendre. Il est urgent enfin d'établir des prisons d'État pour les chouans ou autres individus qu'on arrête. Occupez-vous de cela, afin qu'on ne soit plus exposé à voir des hommes comme Bourmont, d'Andigné, Saint-Maur</font>[^4]<font color="#000000">, se sauver des prisons mal organisées où ils sont placés</font>[^5]<font color="#000000">. Faites arrêter Tessonnet, ancien agent du prince de Condé. Faites éloigner de quarante lieues de Rennes la mère et la tante de Lahaye Saint-Hilaire ; envoyez-les dans une petite commune de Bourgogne, et faites-leur sentir, par le canal des administrations, que, dans tout autre gouvernement, par les seules liaisons qu'elles </font>conservent avec Lahaye Saint-Hilaire, elles seraient mises en arrestation. Les légions d'Enghien et de Royal-Bourbon, qu'on suppose se former en Russie, sont des contes ; il ne<font color="#ff0000"> </font><font color="#000000">peut donc y avoir personne qui sorte de France pour cet objet</font>[^6]<font color="#000000">. Des hommes comme </font>Beaulieu d'Orly et Lapointe ne doivent point être soufferts à Paris. Si on veut les garder en France, i<font color="#000000">l faut les éloigner à quarante lieues de la capitale. Le seul moyen de conserver la tranquillité et un bon esprit dans Paris est de n'y souffrir des hommes d'aucun parti.</font></p><p lang="fr-FR"><font color="#000000">On dit qu'un certain nombre de terroristes vivent à Paris, y font du mal, et sont pour beaucoup dans les bavardages insignifiants de la capitale. Renvoyez-les chez eux. Ce détestable journal </font><font color="#000000"><i>Le citoyen français</i></font><font color="#000000"> paraît ne vouloir se vautrer que dans le sang. Voilà huit jours de suite qu'il ne nous entretient que de la Saint-Barthélemy. Quel est donc le rédacteur de ce journal ? Avec quelle jouissance ce misérable savoure les crimes et les malheurs de nos pères ! Mon intention est qu'on y mette un terme. Faites changer le directeur de ce journal, ou supprimez-le, et, sous quelque prétexte que ce soit, défendez qu'on emploie ce style dégoûtant et bas des temps de la Terreur, qui avait au moins un but, celui de déprécier les institutions existantes. Que, sous aucun prétexte, il ne se mêle de religion, et ne fasse plus d'article « Chronologie ». Que faites-vous d'hommes comme Gourlet à Paris ? Beaucoup de gens de cette trempe y sont, et je commence à être convaincu que ce grand tapage de bruits vient un peu du parti terroriste.</font>[^7]</p> [^1]: Dubois. [^2]: Regnier. [^3]: Le vicomte Mathieu Jean Félicité de Montmorency-Laval qui réside à Paris. [^4]: Hingant de Saint-Maur. [^5]: Voir lettre n° 9036. [^6]: Une rumeur courrait à Paris que d’anciens émigrés se rendaient en Russie afin de former une nouvelle légion. [^7]: Minute, Archives nationales, AF IV 865, fructidor an XII, n° 34.</body>